Kinshasa - RDC / Luanda - Angola
17/09/2019
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C’est devant un jury (tribunal en espagnol) de 5 membres, et une assistance d’une cinquantaine de compagnons et amis – parmi lesquels l’ambassadeur de l’Angola en Espagne – que le Père Avelino Chico a brillamment défendu sa thèse de doctorat en Migration Internationale et Coopération pour le Développement, à l’Instituto universitario de estudios sobre migraciones de l’Université Pontificale Comillas de Madrid, ce mardi 14 mai 2019.

en écrivant ladite thèse, qui a pour titre Extranjeros (inmigrantes) en Luanda: su integración en el sector económico de la construcción, salud y economía informal, l’auteur avait comme objectifs, d’une part, d’analyser la politique migratoire de l’Angola à partir de ses documents législatifs, de ses décisions économiques et de ses intérêts nationaux, et, d’autre part, d’identifier et d’expliquer les différentes sortes d’intégrations des immigrés dans les secteurs économiques de la construction, de la santé, de l’économie informelle et du commerce ambulant. La question principale était : “pourquoi est-ce que les immigrés se sont concentrés à Luanda, et quels sont les secteurs économiques auxquels ils se sont adonnés ?”

Dans un premier temps, le Père a présenté les migrations et l’intégration tant au niveau mondial que dans le contexte angolais, et de façon spéciale à Luanda qui est un centre d’attraction pour beaucoup d’immigrants : besoin de la main d’œuvre qualifiée, et plus d’offre de travail. Avec le programme de reconstruction nationale, pour l´édification et la réhabilitation des structures économiques et des infrastructures sociales (les logements, la santé, l’aéroport international…) de ce pays qui est, notons-le, le deuxième producteur du pétrole en Afrique, après le Nigeria, l’arrivée des immigrants a été favorisée par les accords que l’état angolais a signé avec la Chine, le Portugal, l’Espagne, la Russie et le Brésil. Cela dans le but d’attirer techniciens et mains d’œuvre. Avec des mesures économiques positives pour la croissance, c’était inévitable qu’il y ait un flux d’immigration.

Il y a aussi le secteur de l’économie informelle, dans laquelle immigrés et autochtones font compétition et se complètent.

Et ensuite, il a présenté l’aspect que l’Angola a été un pays d’émigration, surtout dans les années de guerre. Et pendant les périodes de basse intensité des conflits armés (1974-1975, 1991-1992 et 1994-1998), et spécialement avec les accords de paix de 2002, le retour des nationaux a entrainé aussi la venue de beaucoup d’étrangers. En 2017, le pays comptait 638.499 immigrants, ce qui corresponds à 2,1% de la population. Il faut y ajouter le demi-million d’immigrés en situation irrégulière, venant de la RDC, du Congo, du Sénégal, de la Guinée-Conakry, de la Guinée-Bissau et du Ghana.

Pour finir, le Père Avelino a présenté quelques ouvertures pour de futures recherches dans le domaine des migrations en Angola, notamment :

  • L’intégration des migrants dans les principaux secteurs économiques ;
  • L’intégration dans l’accès au travail ;
  • L’influence des écoles dites internationales dans lesquelles étudient aussi les fils de l’élite nationale…
  • En ce moment où a lieu en Angola l’Operação Transparência et l’ Operação Resgate (sauvetage), approfondir des thèmes sur la loi de l’immigration et de l’intégration des migrants. À travers le Plan Estratégico de Ciudadanía e Integración (PECI), l’état angolais doit mettre au point les lignes maîtresses de l’intégration des immigrants. Les deux Opérations ci-haut citées s’accompagnent aussi de violation des droits humains des immigrants. Les prochaines recherches doivent se pencher sur ce thème, et aussi les conséquences économiques, sociales et politiques des pays voisins d’où viennent beaucoup d’immigrés expulsés ;
  • Le travail sur terrain a souffert de peu d’ouverture des entités officielles pour recevoir les données et les interviews. C’est une faiblesse de ce travail. L’auteur aurait aimé parler des chiffres des immigrants qui se dédient certaines activités économiques : commerce ambulant, cantines, vente des pneus, services funéraires, change, mécanique, photocopies, téléphonie mobile… ce sont des aspects à approfondir ;
  • Le travail a abordé l’immigration illégale et la réaction des autorités. Journalièrement, plus ou moins mille personnes tentent d’entrer de toutes les frontières nationales. Le gouvernement n’a pas de plan pour affronter cette réalité, sinon appliquer les expulsions massives, parfois accompagnées de violation des droits de l’homme.

Comme on peut bien le remarquer, ce fut un travail de recherche sur terrain, lequel s’est fait avec une aide de JRS-Luanda, de beaucoup d’interviews et de lectures. Avec des chiffres à l’appui, notre doctorant a su présenter la situation sociale, économique et aussi politique de l’Angola, dans sa complexité en rapport avec les faits migratoires.

Commencée à 11h, la défense a pris fin à 13h30, avec de longs commentaires des membres du tribunal. Deux professeurs présents dans la salle ont eu droit à la parole à la fin, comblant d’éloge le travail de qualité produit par le Père Avelino. L’ambassadeur de l’Angola en Espagne – qui a aussi reçu la parole – a exprimé sa joie pour ce travail de terrain qui a présenté une réalité angolaise.

La thèse travail a reçu la mention SOBRESALIENTE, la plus grande distinction.

Après la défense, tous les participants ont été invités à partager un verre d’amitié, avant que les membres du tribunal ainsi quelques invités ne s’éclipsent pour partager un bon repas au restaurant.

Muito parabéns para o Padre Avelino !!!

  1. Mankubu Kasongo,SJ

Roma.

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