À l’approche des célébrations pascales, les parents des compagnons jésuites résidant à Bukavu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, se sont réunis pour un temps de récollection au Collège Alfajiri, le dimanche 15 mars 2026, quatrième dimanche de Carême, dit Laetare (« Réjouissez-vous! »). Plus qu’une simple rencontre, cette journée s’est donnée comme un moment de ressourcement spirituel, où les familles des nôtres, intimement liées à la vocation de leurs fils, ont été invitées à entrer plus profondément dans la dynamique de conversion propre au temps du Carême.
Le Carême, un chemin de conversion et de recentrement
Animée par le scolastique Albert Kasongo, SJ, en régence au Collège Alfajiri, la récollection a rassemblé, plus de vingt-cinq parents autour du thème : « Avec l’Église famille de Dieu, transformons-nous pour ressusciter avec le Christ ». L’animateur a aidé les participants à entrer dans le sens de cette démarche spirituelle. « Le Carême, a-t-il rappelé, n’est pas d’abord une succession de pratiques, mais un chemin intérieur de conversion, où chacun est appelé à reconnaître ses égarements et à se tourner résolument vers Dieu.» Structurant son partage autour de trois sous-thèmes — le sens du Carême, le message du pape Léon XIV et le vœu d’obéissance dans la Compagnie de Jésus — il a mis en lumière les fondements de ce temps liturgique. La prière, la pénitence et le partage en constituent les piliers essentiels, non comme des obligations extérieures, mais comme des moyens concrets de recentrer la vie sur l’essentiel, a-t-il souligné.



Remettre Dieu au centre : un appel pour aujourd’hui
S’appuyant sur le message de Carême 2026 du pape Léon XIV, intitulé « Écouter et jeûner : le Carême comme un temps de conversion », le P. Kasongo a insisté sur une invitation centrale : remettre le mystère de Dieu au centre de notre existence. Dans un monde marqué par la dispersion, les inquiétudes et les sollicitations multiples, ce recentrement apparaît comme une urgence spirituelle. Il s’agit, concrètement, de replacer Dieu au centre de nos pensées, de nos choix et de nos actions. La prière fidèle, l’examen de conscience, l’adoration eucharistique, la vie sacramentelle et la participation à la vie ecclésiale sont autant de chemins qui permettent d’habiter ce mouvement de conversion. Ainsi compris, le Carême devient un véritable temps de préparation à la Pâque, où le cœur se purifie pour accueillir la joie de la Résurrection.
Comprendre la mission jésuite : l’obéissance comme disponibilité
Dans un dernier temps, le P. Kasongo a brièvement éclairé les participants sur le sens du vœu d’obéissance dans la Compagnie de Jésus. Loin d’être une contrainte, celui-ci exprime une disponibilité radicale à la mission, reçue à travers le supérieur qui tient, pour le jésuite, la place du Christ.
« La mission ne se négocie pas, elle se reçoit », a-t-il souligné, invitant à comprendre l’obéissance comme un chemin de liberté intérieure, de détachement et de confiance. Pour ces parents, cette réflexion a permis de mieux saisir la dynamique spirituelle qui sous-tend la vocation de leurs fils, et de s’y associer intérieurement.

Une communion discrète mais réelle
La récollection s’est achevée par la célébration eucharistique et une photo souvenir, dans une atmosphère de simplicité et de joie fraternelle. Au-delà de l’événement lui-même, cette rencontre donne à voir une réalité souvent discrète mais essentielle : celle des familles qui, dans la prière et la fidélité, accompagnent le chemin vocationnel de leurs enfants. En ce temps de Carême, elles apparaissent, elles aussi, comme engagées dans un chemin de conversion et de disponibilité, participant à leur manière à la mission de l’Église.
