Les jésuites de Kisantu, en République démocratique du Congo, ont célébré le samedi 10 janvier 2026 le jubilé de 60 ans de vie religieuse du frère Paul Nianda Dila, SJ. Né le 12 juillet 1941, le Frère Paul Nianda Dila est entré dans la Compagnie de Jésus le 7 septembre 1965, au noviciat Saint Jean de Brito de Djuma. Il a prononcé ses derniers vœux le 4 février 1979. Aujourd’hui âgé de 84 ans, il totalise six décennies de vie religieuse marquées par une fidélité constante à son engagement et un service discret au sein de la Compagnie. La célébration s’est tenue au sein de la communauté du Collège Kubama. Une messe d’action de grâce a été célébrée à 11h00 par le père Crispin Mbala, SJ, curé de la paroisse Sainte Trinité de Nkandu et supérieur de la communauté, entouré de plusieurs concélébrants. La liturgie a permis de rendre grâce pour le chemin parcouru par le frère Paul et pour sa contribution à la vie et à la mission de la communauté. À l’issue de la célébration eucharistique, le Frère Paul a pris la parole pour exprimer sa reconnaissance à Dieu, à la Compagnie de Jésus, ainsi qu’à ses compagnons, aux membres de sa famille et aux fidèles présents. La participation nombreuse des invités a témoigné de l’attachement et de l’estime dont le jésuite octogénaire bénéficie au sein de la communauté locale. Le jubilé du frère Paul Nianda Dila a été l’occasion de rendre grâce pour un parcours religieux caractérisé par la fidélité, la discrétion et la constance dans le service, mais aussi de rappeler la place essentielle des Frères jésuites dans la mission de la Compagnie de Jésus. Comme l’a souligné le Père général Arturo Sosa, citant la 34e Congrégation Générale, «les Frères jésuites participent à l’action apostolique et missionnaire de la Compagnie, en garantissant la spécificité du mode de procéder jésuite et son efficacité apostolique ; la mobilité qu’exige un universalisme apostolique, la multiplicité des tâches pastorales et, spécialement, la nécessité d’être aidé pour réaliser la mission amenèrent Ignace à recevoir dans le corps de la Compagnie une diversité de membres, prêtres et frères, qui partagent la même vocation et contribuent à mener à bien cette mission unique» (CG 34, d. 7, n. 3). Le Père Sosa invitait ainsi à reconnaitre la richesse et la profondeur du témoignage apostolique que rendent les Frères jésuites «au sein de la communauté religieuse, de l’Eglise et dans la diversité des contextes sociaux où la Compagnie de Jésus réalise son travail apostolique. (…) Ils nous rappellent non pas tant la fonction qu’ils exercent, mais la profondeur de la consécration, du don joyeux et amoureux qu’ils font d’eux-mêmes au Seigneur» (Lettre du Père général Arturo Sosa, 31 octobre 2017). Le parcours du Frère Paul Nianda Dila s’inscrit pleinement dans cette tradition: une vie donnée sans bruit, mais avec une charité constante, au service de la mission et de la communauté. Par Christian Kombe, SJ et Michel Gwogwo, SJ
La dernière route d’un missionnaire de brousse: Hommage au père Jef De Pril, SJ
Le vendredi 2 janvier 2026, le père Jozef De Pril, SJ, affectueusement appelé Jef, s’est éteint à l’hôpital Gasthuisberg de Louvain. L’annonce officielle de son décès a été faite le lendemain par le supérieur régional des Jésuites aux Pays-Bas et en Flandre, le père Marc Desmet, SJ.Âgé de 82 ans, le Père De Pril appartenait à la communauté jésuite de Heverlee et à la Province d’Afrique centrale, à laquelle il a consacré plus de cinquante années de sa vie missionnaire, essentiellement en République démocratique du Congo. La messe d’adieu a été célébrée le samedi 10 janvier à Heverlee-Louvain, avant les obsèques au cimetière De Jacht. Avec lui disparaît une figure discrète mais marquante de la présence missionnaire jésuite belge en terre congolaise. D’Ophasselt à la brousse congolaise: un itinéraire missionnaire Né le 10 avril 1943 à Ophasselt, en Belgique, Jozef De Pril entre dans la Compagnie de Jésus le 7 septembre 1962 à Drongen. Après des études de philosophie à Eegenhoven et Namur, puis de théologie à Eegenhoven, il est ordonné prêtre en 1973. Dès 1974, il est envoyé au Congo. Après une période d’apprentissage linguistique, il assume divers services pastoraux avant de revenir en Belgique en 1977 pour des études supérieures. En 1979, après ses derniers vœux, il repart au Congo, appelé alors Zaïre. À partir de là, son nom se confond avec un apostolat et un style de vie : celui du missionnaire itinérant, parcourant villages et pistes de terre dans les provinces du Kwango et du Kwilu : Mawanga, Kikombo et surtout Djuma, où il vivra près de quarante ans et partagera sa mission notamment avec le père Guy Brichard. Jusqu’à un âge avancé, le Père De Pril sillonne la brousse, administrant les sacrements, formant les catéchistes, soutenant les communautés chrétiennes isolées. En octobre 2025, affaibli par la maladie, il regagne la Belgique pour des soins. «Un homme de la route et de la poussière» Pour le Père John Allary Munganga, qui a été son compagnon de mission à Djuma, Jef De Pril fut avant tout «un homme de la route et de la poussière, un pasteur qui a choisi de marcher avec son peuple», partageant la vie des oubliés dans un style profondément évangélique: «aller à la rencontre, écouter, demeurer». Le Père De Pril «a marché sur les routes poussiéreuses et marécageuses du Kwango et du Kwilu pour servir ses frères et sœurs», administrant les sacrements, accompagnant les malades, réconciliant les familles. Il incarnait une présence humble et fidèle, au point d’être appelé «mundele-ndombe», un “Blanc devenu Noir”. Sa vie, souligne le Père Munganga, fut une longue itinérance spirituelle, désormais accomplie dans le repos de Dieu. Un compagnon solide et polyvalent Le Père Séverin Mukoko, qui a aussi vécu avec lui à Djuma à partir de 2013, dresse le portrait d’un homme à la fois rigoureux, joyeux et extraordinairement polyvalent.Missionnaire, mécanicien, archiviste, électricien, conseiller pastoral: Jef savait tout faire, et surtout se rendre disponible. Il rappelle le rituel immuable des départs en itinérance, la préparation minutieuse du véhicule, les caisses de registres, les outils, les objets liturgiques, autant de signes d’une mission vécue dans la durée. Grâce à lui, souligne-t-il, les registres paroissiaux de Sain Guy Djuma sont parmi les rares à être tenus sans interruption depuis 1919. «Il s’est donné lui-même pour les autres et il a su offrir tout ce que le Seigneur lui a fait comme dons, voir son propre sang qu’il donnait, avec le conseil de ses médecins, chaque deux mois à la banque du sang de l’Hôpital Général de Référence de Djuma», témoigne le Père Mukoko. Un pèlerin infatigable Erick Lenga, qui l’a connu comme stagiaire et régent, se souvient d’un homme qui ne se présentait jamais comme un chef, mais comme un pèlerin. Pour le Père De Pril, la mission n’était pas d’abord affaire de structures, mais de présence: partager les repas, écouter longuement, accompagner spirituellement, discerner avec. Sa fidélité à la tradition ignatienne se manifestait dans une vie rythmée par la prière, l’examen de conscience et l’Eucharistie. Convaincu que Dieu était déjà à l’œuvre dans les villages avant son arrivée, il se voyait comme un humble accompagnateur de cette présence divine. «Il est retourné vers Dieu qu’il nous a appris à aimer», dira simplement un villageois après son décès. L’un des derniers «broussards» héroïques Avec le départ du Père Jef De Pril, c’est une page de l’histoire missionnaire qui est en train de se tourner. Il était l’un des derniers survivants de cette génération de broussards héroïques, qui ont choisi de s’enraciner durablement dans les terres congolaises, loin des centres, au plus près des populations rurales. Sa vie aura laissé le témoignage d’une fidélité silencieuse à l’annonce du Christ auprès des communautés rurales du Congo profond. Par Christian Kombe, SJ
Vocation missionnaire et ouverture à l’universel: entretien avec le P. Claudien Bagayamukwe, SJ
De Bukavu à Tokyo et Hiroshima, puis à Lyon, Claudien Bagayamukwe chemine dans une vocation profondément marquée par l’universel. Jésuite congolais appliqué à la province du Japon, il revient dans cet entretien sur son itinéraire spirituel et intellectuel, son expérience missionnaire en Asie, sa passion pour l’écriture et la manière dont il porte, loin de son pays, l’espérance d’un Congo meurtri par la guerre. Propos recueillis par Christian Kombe, SJ Père Claudien Bagayamukwe, votre cheminement dans la Compagnie de Jésus vous a conduit de la RD Congo au Japon, puis à la France. Si vous deviez raconter votre itinéraire en partant de ce qui vous a mis en route, par où commenceriez-vous? Si je devais remonter à la source de ce long déplacement, je commencerais sans hésiter par les collines de ma ville natale, Bukavu. Mais avant même les couloirs du Collège Alfajiri, il y a un terreau plus intime: celui de ma famille. J’ai grandi auprès de mon grand-père maternel, qui a joué un rôle décisif dans mon cheminement. C’est auprès de lui que j’ai appris, très concrètement, le chemin de l’Église: la fidélité à la prière, la participation à la vie paroissiale, et le sens d’une foi vécue au quotidien, avec simplicité et profondeur. C’est ensuite au Collège Alfajiri que cet enracinement a trouvé une forme plus explicite. Adolescent, j’y ai été profondément marqué par la figure du jésuite telle qu’elle se donnait à voir au quotidien: des enseignants exigeants et passionnés, mais aussi des prêtres engagés à la paroisse, des acteurs engagés dans le champ social et des accompagnateurs spirituels. Cette manière intégrale d’être au monde et à Dieu a éveillé en moi un désir. C’est elle qui a allumé l’étincelle et m’a conduit, à l’issue de mes études secondaires, à demander à entrer dans la Compagnie de Jésus. Mon enracinement s’est d’abord fait en terre congolaise, à travers les années fondatrices du noviciat à Kisantu (2012-2014), puis de la philosophie à Kimwenza (2014-2017). Mais la vocation jésuite porte en elle une ouverture constitutive à l’universel. C’est cet appel qui m’a conduit vers l’Asie, au Japon, où j’ai vécu une véritable expérience de décentrement: l’apprentissage de la langue à Tokyo (2017-2019), une régence marquante à Hiroshima (2019-2021), puis la théologie à l’Université Sophia (2021-2023). Aujourd’hui, ce même chemin m’a conduit en France, à Lyon, pour approfondir la théologie biblique et la philosophie. De Bukavu à Lyon, en passant par Tokyo et Hiroshima, c’est finalement le même désir de servir, de comprendre et de me laisser déplacer qui continue de me tenir en route. À quel moment avez-vous compris que votre désir de servir Dieu et l’Église prenait la forme d’un appel à la Compagnie de Jésus, et qu’est-ce qui vous a aidé à l’assumer dans la durée? Ce désir ne s’est pas imposé à moi comme une évidence immédiate, mais s’est progressivement clarifié à travers un chemin de discernement. Plus qu’un attrait pour une œuvre ou un style de vie, j’ai peu à peu reconnu un appel à une manière particulière de servir: une vie apostolique qui conjugue profondeur spirituelle, rigueur intellectuelle et disponibilité au monde tel qu’il est. La Compagnie de Jésus m’est apparue comme un lieu où cette tension féconde pouvait être vécue et assumée. Ce qui m’a aidé à inscrire cet appel dans la durée, c’est l’apprentissage patient du discernement ignatien, qui invite à relire sa vie à la lumière de l’Esprit et à faire confiance aux médiations concrètes de l’Église. Les déplacements, les changements de langue et de culture, loin d’éroder cette conviction, l’ont progressivement purifiée. Ils m’ont appris que la fidélité n’est pas d’abord la répétition de ce qui rassure, mais une disponibilité renouvelée à être envoyé. Dans les moments de fatigue ou d’incertitude, ce qui m’a soutenu a été la conviction que chaque étape, même lorsqu’elle est exigeante ou semble inachevée, s’inscrit dans une histoire plus vaste que la mienne. Servir Dieu et l’Église, dans la Compagnie de Jésus, c’est accepter de ne pas tout maîtriser, mais de se laisser conduire, pas à pas, vers un accomplissement qui dépasse mes propres projets. Comme vous l’avez décrit, votre formation vous a fait traverser des contextes très différents. Entré dans la Compagnie de Jésus en RD Congo, vous êtes actuellement appliqué à la province du Japon. Quelle est la genèse de cette vocation missionnaire? Était-ce un appel qui est né d’un désir ancré en vous ou bien vous l’avez accueilli de vos supérieurs par obéissance? Pour un jésuite, la mission ne se revendique pas, elle s’accueille comme un don qui nous précède. La genèse de mon départ pour le Japon est le fruit d’un discernement partagé avec mon Supérieur Provincial de l’époque, le Père José Minaku. J’ai reçu son appel non comme une contrainte, mais comme une invitation à une liberté plus grande: celle de me laisser déplacer au-delà de mes propres frontières. Son soutien discret et confiant a été le viatique nécessaire pour que ce départ ne soit pas un saut dans le vide, mais un véritable acte de foi. Par la suite, les encouragements de son successeur, le Père Rigobert Kyungu, ont également été pour moi précieux. Ils ont confirmé ce chemin dans la paix et la continuité, me permettant d’avancer avec confiance et gratitude. Aujourd’hui, avec le recul, je goûte à une joie féconde: celle de découvrir que l’obéissance m’a ouvert des horizons inespérés et me permet de goûter pleinement à l’essence même de la vocation missionnaire de la Compagnie de Jésus. Vivre et se former au Japon suppose un fort déplacement culturel et spirituel. Qu’est-ce que cette expérience missionnaire a transformé en vous, dans votre manière de croire, de prier ou de servir? Ce déplacement a été pour moi une véritable école de dépouillement et d’humilité. Arriver au Japon, c’est consentir à redevenir apprenant: balbutier une langue, décoder des gestes, écouter longuement avant de pouvoir parler. Cette expérience m’a profondément déplacé dans ma manière de servir. J’y ai compris que la mission ne consiste pas d’abord à agir
Accueillir l’Emmanuel aujourd’hui : le triduum de Noël vécu par les scolastiques jésuites
Dans le silence recueilli des chapelles, au rythme de la Parole méditée et de la prière partagée, les scolastiques de la Province jésuite d’Afrique Centrale (ACE) ont vécu, une fois encore, le temps fort du triduum de Noël. Fidèle à une tradition bien enracinée dans la Compagnie de Jésus, en particulier dans les maisons de formation, ce temps de retraite spirituelle de trois jours précédant la fête de la Nativité vise à préparer intérieurement les cœurs à accueillir la venue du Christ, Dieu qui se fait proche, humble et vulnérable, pour rejoindre l’humanité dans ses fragilités. Dans les diverses maisons de formation en RDC, comme dans les maisons internationales, les scolastiques ont vécu ce triduum comme un véritable temps de grâce, de recentrement et de renouvellement intérieur, scellé pour certains par la rénovation de leurs vœux de religion. Kimwenza : “Disposer nos cœurs à accueillir l’Emmanuel” Au scolasticat Saint Pierre Canisius, à Kimwenza (Kinshasa), le triduum de Noël s’est déroulé dans un climat de profonde ferveur spirituelle. Prêché par le Père Luka Lusala, ce temps de retraite a conduit les scolastiques à une méditation autour de quatre axes fondamentaux : le souvenir, la disponibilité, la miséricorde et la donation. Pour Baluti Bernard, étudiant en master de philosophie à l’Université Loyola du Congo (ULC), ces enseignements riches et bien structurés ont aidés les retraitants à entrer dans la profondeur du mystère de Noël, disposant les cœurs à accueillir l’Emmanuel. La veillée de la Nativité, célébrée avec les religieux et les fidèles du plateau de Kimwenza, a constitué l’aboutissement de ce cheminement spirituel. «Moment particulièrement fort, la rénovation des vœux des scolastiques a marqué cette célébration comme un acte d’engagement renouvelé, mais aussi une action de grâce pour l’appel reçu», confie-t-il. Kinkole : “La liberté intérieure au service de la mission” De l’autre bout de la ville province de Kinshasa, vingt-cinq jeunes jésuites en régence et aux études spéciales ont vécu leur triduum de Noël au centre spirituel des Pères Passionnistes à Maluku, du 21 au 25 décembre 2025. Animé par le Père Janvier Asifiwe, ce temps de retraite était articulé autour du thème: «La liberté intérieure comme fondement de la disponibilité pour la mission». «Ce temps de grâce nous a permis de nous ressourcer, de renouveler notre oui et d’écouter l’hôte intérieur», témoigne Landry Kuma Kuma, étudiant en communication à l’Université Catholique du Congo (UCC). «Les textes médités nous ont révélé que la liberté est un don de Dieu: elle nous aide à nous vaincre nous-mêmes, à ordonner notre vie et à nous mettre au service des autres ». La méditation de la lettre De la distraction à la consécration du Père Adolfo Nicolás, ancien Supérieur général de la Compagnie, a suscité un examen de conscience personnel: «identifier nos distractions, recentrer nos vies et répondre délibérément à l’appel du Christ, modèle par excellence de liberté intérieure au service de l’Église et de l’humanité», ajoute-t-il. Lubumbashi: “Espérer dans un monde blessé” À Lubumbashi, la communauté Kwetu-Kwenu a abrité, du 21 décembre au matin du 25 décembre, les scolastiques en régence et aux études spéciales dans la ville minière, pour leur triduum de Noël. Animée par le Père Benoît Mbuyi, délégué du Provincial pour la formation, la retraite était centrée sur le mystère de l’Incarnation, avec une attention particulière portée aux figures de Joseph, Marie et de l’Enfant Jésus. Dans un contexte mondial marqué par les guerres, les violences et les ténèbres de l’injustice, ce triduum a été une invitation à s’ancrer dans l’espérance chrétienne, souligne Christian Losambe, étudiant en psychologie à l’Université de Lubumbashi (UNILU). «Le Seigneur qui vient partager notre condition humaine est la source d’une espérance capable de libérer et de combler les cœurs. Accueillir ce projet de Dieu avec foi, humilité et générosité demeure un appel pressant pour les jeunes jésuites en formation», confie-t-il. Nairobi: “Passer d’un optimisme superficiel à une espérance vécue” Au théologat de Hekima College, à Nairobi, le triduum s’est déroulé du soir du 20 décembre au mardi 23 décembre 2025, autour du thème du Jubilé de l’espérance, animé par les Pères Norbert Litoing et Anthony Egan. « J’ai compris qu’il y a une grande différence entre un optimisme superficiel et une véritable espérance », partage Eric Lenga, étudiant en théologie. «Le triduum m’a aidé à reconnaître la présence du Christ dans les petits moments de ma vie quotidienne, comme mes études ou la vie communautaire». En identifiant ses peurs et les difficultés du monde, il ajoute: «j’ai senti l’appel à unir la prière et l’action, pour devenir, à travers de simples gestes, un messager de paix et de l’amour de Dieu». Abidjan : “Un parcours exigeant vers une croissance spirituelle” À l’Institut de Théologie de la Compagnie de Jésus (ITCJ), le triduum, sous la direction du Père Augustin Atsikin, s’est déroulé comme un temps fort de relecture intérieure et de discernement personnel. Pendant trois jours, les participants ont été invités à revisiter leur année, à identifier les sources de consolation et de désolation ayant marqué leur expérience spirituelle, et à approfondir leur engagement envers Dieu et la mission. Cette démarche de discernement, explique Jean Ruiz Moole, étudiant en théologie, «peut être comparée à l’ascension du mont Kilimandjaro : un parcours exigeant, ponctué de passages abrupts mais aussi de panoramas d’une beauté saisissante, invitant à contempler le mystère divin». L’objectif fondamental était «de disposer mon cœur et mon esprit à accueillir l’année 2026 dans une dynamique de croissance spirituelle, et de favoriser une intégration plus consciente des valeurs christiques d’autotranscendance pour servir plus fécondement notre Seigneur Jésus-Christ». Rome: “Raviver un engagement qui ne doit pas s’émousser” À Rome, les scolastiques du Collegio Internazionale del Gesù, rejoints par ceux de la communauté San Pietro Canisio, ont vécu leur triduum du 19 au 21 décembre 2025 au Centre international de spiritualité du Sacré-Cœur de Jésus, à Rocca di Papa. Ce temps de recueillement préparait à la fois Noël et la renovation des vœux. Guidés par le Père Federico Lombardi, les scolastiques ont été touchés par l’évocation de
COLLÈGE ALFAJIRI : RENCONTRE SPORTIVE AVEC LES ÉLÈVES DU COMPLEXE SCOLAIRE LAPEREAUX
Dans la volonté d’offrir aux collégiens et collégiennes une formation intégrale favorisant le développement intégral de la personne, le responsable des activités parascolaires et culturelles, en collaboration avec le responsable des sports, a pris l’initiative d’organiser des rencontres sportives opposant les élèves du collège Alfajiri à ceux du Complexe Scolaire Lapereaux. Au-delà de l’aspect sportif, cette rencontre s’inscrivait dans la perspective de permettre aux deux écoles de vivre une expérience d’apprentissage et de fraternité, marquée par le partage, le respect mutuel et un esprit de fair-play exemplaire. L’après-midi de ce samedi 29 novembre 2025, le collège Alfajiri a signé deux victoires convaincantes face au Complexe Scolaire Lapereaux, s’imposant sur les deux terrains (football et basketball) au terme d’une rencontre intense et parfaitement maîtrisée. Dès les premières minutes au terrain de basketball, le Complexe Scolaire Lapereaux a offert une prestation admirable, marquée par un esprit de compétition permettant ainsi à son équipe de mener face au collège Alfajiri de deux points (30-28) au deuxième quart temps. Cependant, encouragé par un public enflammé et confiant, le collège Alfajiri a largement repris son ascendance avec un jeu très tactique. Charley Radjabu, auteur de 18 points a brillé par sa régularité et son sang-froid, tandis qu’Anthony Mugisho (17points) a guidé le collectif avec précision et sens du rythme. Au dernier coup du buzzer, la victoire était sans appel. Alfajiri s’est largement démarqué aux moments décisifs, soldant ainsi cette rencontre par une victoire de 67 contre 49. Pendant ce temps, au terrain de football, la victoire était une évidence. Le Complexe Scolaire Lapereaux a fait face à une équipe rayonnante et largement supérieure jusqu’à la dernière minute de jeu. Elie Murhula, incontestablement meilleur joueur sur le terrain a inscrit deux magnifiques buts. A son instar, les élèves Prince Ngaza (2 buts), Chérubin Cirimwami, Pascal Mulume ou encore Maliyamungu Jean-Marc ont contribué à cette victoire écrasante de 8 contre 3 pour le collège sous les acclamations d’une foule en liesse. Au-delà des scores, cette rencontre met en lumière deux formations animées par la même envie : se dépasser, progresser et défendre les couleurs de leurs écoles avec fierté. Une belle leçon de discipline, de respect et de passion sportive. Albert KASONGO MWEMA, SJ. Responsable des activités parascolaires et culturelles.
Luanda: 15 anos da Paróquia Beata Anuarite Nengapeta
A Paróquia Beata Anuarite Nengapeta celebrou no domingo, 30 de novembro de 2025 (primeiro domingo do Advento), os seus quinze anos de existência. Uma etapa marcada por uma liturgia solene, uma profunda ação de graças e pela participação fervorosa das numerosas comunidades que compõem esta jovem e dinâmica paróquia. Para a comunidade paroquial, são quinze anos de fé vivida, partilhada e fortalecida no seio de uma família eclesial em constante crescimento. Este momento forte, marcado pelo sinal da esperança e da conversão próprios do Advento, reuniu fiéis provenientes de todos os centros e comunidades que formam a grande família paroquial, fazendo desta celebração um momento de graça e de unidade. Renovando a fé e fortalecendo a comunidade O lema escolhido para este jubileu expressa plenamente o espírito da caminhada: “Renovando a fé e fortalecendo a comunidade”. Para se preparar para a celebração, a paróquia ofereceu um período de preparação espiritual através da novena pedindo a intercessão da Beata Anuarite. A missa solene que marcou o ponto alto da festa foi presidida pelo padre Basílio Nuno, SJ, pároco, e concelebrada pelos padres Michel Ntangu, SJ, Bertrand Bansimba, SJ, Walter Cassamano, SJ, e o Bispo Auxiliar Emérito de Luanda Dom Anastácio Cahango. Por meio da liturgia, a assembleia agradeceu pelo caminho percorrido desde 2010, animada pela memória luminosa da Beata Maria Clementina Anuarite Nengapeta, cuja festa é celebrada em 1º de dezembro. Seu testemunho de coragem, fidelidade e pureza permanece como fonte de inspiração espiritual que ilumina a missão paroquial. Em sua homilia, o padre Nuno convidou os paroquianos a não se deixarem absorver pela rotina do dia a dia nem pelo fluxo monótono da vida ordinária, mas a permanecerem vigilantes. O Advento é um tempo favorável para renovar nossas forças, fazer florescer a alegria em nossos corações e semear a paz em nosso interior e, assim, também em nossa comunidade. “Aprendamos a transformar armas de guerra em instrumentos agrícolas para que possamos alimentar aqueles duramente atingidos pela fome nas nossas sociedades”, declarou o pároco, citando o quarto versículo da primeira leitura (Is 2,4): “Ele será juiz no meio das nações e árbitro de povos sem número. Converterão as espadas em relhas de arado e as lanças em foices”. Ademais, enfatizou que esses quinze anos de existência da paróquia -ainda em construção – representam um momento de júbilo e de discernimento: é imprescindível evitar a acomodação às rotinas e o descuido dos êxitos já obtidos. Quinze anos de história, missão e comunhão Desde a sua fundação, a Paróquia Beata Anuarite foi-se construindo como uma verdadeira família espiritual, chamada a irradiar luz, força e esperança para o povo de Deus do bairro Simione de Camama. Assim a descreve a Irmã Sandra, missionária brasileira que foi testemunha do seu nascimento e que, embora tenha regressado ao seu país natal, continua espiritualmente ligada a esta chama de esperança e caridade. Não como um edifício isolado, mas como uma constelação de centros e comunidades, cada um constituindo uma chama viva, um pequeno santuário onde Deus consola, guia, educa e transforma os corações. Por ocasião deste aniversário, todos os centros e comunidades foram recordados com gratidão, sublinhando a riqueza e a diversidade desta paróquia-mãe: do Centro Santa Teresa do Menino Jesus, centro sede, ao Centro de São João Piamarta, passando pelas comunidades Santa Mónica, Santo António de Categéro, Santa Bakhita, Nossa Senhora Aparecida, São José do Sossego, Santa Isabel de Portugal, São Martinho de Lima, Sagrada Família do Kididi, bem como os centros Nossa Senhora de Fátima, Santo Inácio de Loyola, Imaculada Conceição de Maria e Santíssimo Nome de Jesus. Uma menção especial foi dedicada ao antigo Centro São Vicente de Paulo, hoje paróquia Santa Efigénia, verdadeiro pilar histórico dos primeiros passos pastorais. A comunidade paroquial também teve a honra de acolher Dom Anastácio Kahango, bispo auxiliar emérito da arquidiocese de Luanda, um dos protagonistas da criação da paróquia. Com uma voz marcada pela sabedoria, reacendeu nos corações e nas mentes dos fiéis a odisseia da paróquia, recordando os desafios superados, as esperanças despertadas e a perseverança daqueles que, desde o início, edificaram esta comunidade de fé. Rumo a um futuro ainda mais missionário Ao longo de quinze anos, esta paróquia revelou-se um espaço onde o Evangelho se torna vida. Através das suas comunidades, conseguiu criar um tecido fraterno sólido, tornando-se um lar de consolação, um lugar de escuta, de educação e de serviço. O legado da Beata Anuarite permanece vivo: um apelo à dignidade humana, à coerência de vida, à coragem de amar e servir sem concessões. No final desta celebração de ação de graças, um sentimento de reconhecimento e confiança enchia o coração da comunidade. Os quinze anos da Paróquia Beata Anuarite Nengapeta não são apenas uma memória, mas sim um marco que já abre um futuro. Um futuro que os fiéis desejam mais fecundo, mais missionário e enraizado na unidade e na luz do Evangelho. Que a Beata Anuarite continue a interceder por esta paróquia que leva o seu nome e testemunho, para que os anos vindouros sejam cheios de graça, paz e fecundidade apostólica.
Le Collège Technique Mwapusukeni a célébré ses 12 ans
Le Collège Technique Mwapusukeni (CTM, Lubumbashi) a franchi avec fierté le cap de ses douze années d’existence, marquées par l’engagement, l’excellence et la formation intégrale de la jeunesse. La célébration de cet anniversaire a offert à la communauté éducative l’occasion de relire le chemin parcouru, de rendre hommage aux acteurs qui, depuis douze ans, bâtissent patiemment cette institution jésuite, et de renouveler la détermination à poursuivre sa mission au service des jeunes. Kindombe Yves, SJ – Lubumbashi Les festivités ont été ouvertes par une rencontre sportive, le mercredi 19 novembre 2025, entre anciens élèves et élèves actuels. Ce moment fraternel, placé sous le signe du partage et du souvenir, a rappelé la place importante qu’occupent les activités parascolaires et communautaires dans la dynamique du Collège. La deuxième journée, vendredi 21 novembre, a été marquée par deux moments forts. Tout d’abord, l’accueil du père Chukwuyenum Afiawari, SJ, assistant a.i. du père général pour l’Afrique, en compagnie du père Jacques Buensi, SJ, socius du provincial de l’Afrique Centrale. Ensuite, toute la communauté s’est réunie pour la célébration eucharistique, présidée par le père François Buhando, SJ, curé de la paroisse universitaire Saint-Esprit. Cette messe d’action de grâce a également permis de célébrer anticipativement le Bienheureux Miguel Pro, patron du Collège. Au cours de son homélie, le père Buhando a rappelé la vie du prêtre jésuite mexicain, exhortant l’assemblée à être, à son instar, témoin de la joie d’être chrétien et de la proclamer avec courage et assurance. Quant à la troisième journée, samedi 22 novembre, elle a été consacrée aux activités culturelles et artistiques (danses traditionnelles et modernes, interprétations de chants, poèmes, défilé de miss, concours, etc.), donnant aux jeunes l’occasion d’exprimer leur créativité et leur dynamisme. Dans une ambiance familiale, la communauté scolaire s’est retrouvée autour de présentations culturelles, de moments de convivialité et d’initiatives visant à renforcer la cohésion. Cette journée a montré combien le Collège, au-delà de sa mission académique et technique, est aussi un espace de croissance humaine et relationnelle. Un établissement jeune, porté par une vision éducative claire Fondé en 2013, le Collège Technique Mwapusukeni s’inscrit dans la tradition éducative jésuite, soucieuse de former des jeunes compétents, responsables et ancrés dans des valeurs humaines et spirituelles solides. Créé à l’initiative du couple Carine et Moïse Katumbi pour offrir une formation intégrale à de jeunes techniciens au service du développement de l’ex-province du Katanga et de la République démocratique du Congo, le CTM a été officiellement remis aux « Pères de la Compagnie de Jésus au Congo » (Jésuites) par acte de donation lors de la cérémonie d’inauguration et de remise-et-reprise du 23 novembre 2013, en la fête liturgique du Bienheureux Miguel Pro. Depuis sa création, l’établissement a connu une croissance constante, portée par l’engagement des enseignants, des jésuites et des collaborateurs, ainsi que par la confiance des familles. La pédagogie ignatienne, centrée sur la formation intégrale de la personne et visant à former des « hommes et des femmes pour les autres », constitue l’âme de cette œuvre éducative. Elle encourage les élèves à cultiver leurs talents, à s’engager avec générosité et à développer un sens aigu du service. La figure du Bienheureux Miguel Pro, qui inspire le Collège, rappelle que la joie, le courage et la foi peuvent orienter une vie vers un don authentique aux autres. Au cours de ses douze premières années, le Collège Technique Mwapusukeni a accompagné plusieurs promotions de jeunes, leur offrant un cadre éducatif stimulant et une formation technique rigoureuse. L’établissement a progressivement renforcé ses infrastructures et ses moyens pédagogiques, dont l’acquisition récente d’un nouveau bus et d’une camionnette – bénis lors de l’anniversaire par le père Chukwuyenum – montrant ainsi sa volonté d’améliorer les conditions de travail et d’apprentissage. Perspectives Alors qu’il entre dans sa treizième année, souligne le père recteur Hubert Mvula, SJ, le Collège envisage l’avenir avec confiance. Fidèle à l’exigence du Magis (« davantage », « plus », « excellence »), le CTM souhaite poursuivre son développement afin d’offrir aux jeunes une formation toujours plus complète, ancrée dans la tradition jésuite et attentive aux défis du monde actuel. Ce douzième anniversaire a rappelé que l’établissement ne cesse de croître, porté par la détermination d’une communauté éducative engagée et animée par le désir d’aider les élèves à devenir des femmes et des hommes compétents, responsables et ouverts au service.
Le provincial de l’ACE invite les Jésuites à regarder l’avenir avec espérance
Dans l’interview qu’il a accordée à Radio Vatican, le Père provincial des Jésuites de la Province d’Afrique centrale (ACE), Rigobert Kyungu Musenge, SJ, met en exergue sur les défis pastoraux, éducatifs et écologiques qui marquent la vie-mission jésuite en République démocratique du Congo et en Angola. Une présence engagée au service de la justice, de la paix et de la sauvegarde de la maison commune. Jean-Paul Kamba, SJ – Cité du Vatican Cf. Vatican News
Fête de Saint Alphonse Rodriguez
Le frère Alphonse Rodriguez (1533-1617) est resté célèbre pour la sainteté extraordinaire qui brillait dans cette vie toute ordinaire du portier jésuite d’une école. Il est né à Segovia en Espagne, le deuxième fils d’un riche marchand de laine et de tissus, dont la maison confortable avait accueilli le P. Pierre Favre, un des premiers compagnons d’Ignace, quand il vint à Segovia pour prêcher. Le P. Favre aida le jeune garçon à se préparer à sa première communion, mais le chemin du frère Rodriguez vers la Compagnie de Jésus a été lent et indirect. A l’âge de 12 ans son père l’envoya au collège jésuite d’Alcala, mais ces études furent brutalement interrompues quand son père mourut. Alphonse aida d’abord sa mère à faire marcher l’entreprise familiale, et la dirigea ensuite seul. A l’âge de 27 ans il épousa Maria Suarez, dont il a eu 3 enfants, la vie de famille cessa pour lui quand ils moururent tous les quatre. Après, de lourds impôts précipitèrent son entreprise dans la faillite. Le jeune veuf se considérait comme un incapable. Dans sa détresse il se tourna vers les jésuites, qui venaient de s’installer à Segovia, pour avoir des conseils spirituels. Par la mort cruelle de son épouse et de ses enfants Dieu le conduisit vers une relation d’une grande intimité avec Lui. Le veuf passa des années de solitude et de tristesse dans la prière, tout en cherchant à accomplir la volonté de Dieu. Il désirait se faire jésuite et se présenta pour devenir prêtre jésuite, mais les jésuites qui l’ont interviewé estimèrent que son âge de 35 ans, sa trop courte éducation et sa mauvaise santé le rendaient inapte à la prêtrise. En 1568 il déménagea à Valencia, où son père spirituel avait été muté, et, pendant 2 ans il essaya d’acquérir l’éducation nécessaire à l’ordination. Il était disposé à devenir frère, si la prêtrise était exclue, mais les pères qui l’examinèrent arrivèrent à la même conclusion négative qu’auparavant. Heureusement le Père Provincial reconnut sa sainteté et l’accepta dans la Compagnie de Jésus. Le 31 janvier 1571, à l’âge de 37 ans, Alphonse Rodriguez entra au noviciat jésuite; après 6 mois il a été envoyé au collège de Montesion à Palma dans l’ile de Majorca, près de la côte espagnole. C’est là que le nouveau frère termina son noviciat et devint célèbre comme humble portier et par son amitié avec un autre saint jésuite, Pierre Claver, apôtre des esclaves, qui venaient d’arriver en Colombie. En 1579 il devint portier du collège, dont les tâches étaient de recevoir les visiteurs, et d’aller chercher le P. Jésuite ou l’étudiant, qu’on venait voir, de transmettre des messages, de faire des courses, de distribuer des aumônes au indigents, et – très important – consoler les personnes tourmentées qui n’avaient personne d’autre à qui s’adresser. C’était un travail répétitif et monotone, qui exigeait beaucoup d’humilité, mais le frère Rodriguez considérait chaque visiteur comme le Seigneur Lui-même, et le saluait du même sourire avec lequel il aurait salué Dieu Lui-même. Les étudiants sentaient la présence et l’influence du frère Alphonse et venaient lui demander un conseil, des encouragements ou des prières. Il avait 72 ans quand Pierre Claver arriva au collège, enflammé du désir de faire quelque chose de grand pour Dieu, mais incertain de comment le faire. Les deux devinrent des amis et ils discutaient souvent de la prière et de la sainteté, quand ils se promenaient sur les terres du collège. Le plus âgé encourageait le plus jeune à aller aux missions de l’Amérique du Sud. Le portier jésuite était apprécié par tous pour sa gentillesse et sa sainteté. Mais ce n’est qu’après sa mort que ses Mémoires et ses Notes Spirituelles révélèrent la profondeur et la qualité de sa vie de prière. L’humble frère avait reçu de Dieu des grâces mystiques remarquables, des extases et des visions de Notre Seigneur, de Notre Dame et des saints.Initialement regroupé et édité par: Tom Rochford, SJ Traducteur: Guy Verhaegen
Ouverture de l’année du centenaire du Collège Kubama
Jour de délices et de joie : Ouverture de l’année jubilaire du centenaire du Collège Kubama et messe du Saint Esprit 1. L’aube d’une année exceptionnelle Sous un ciel intimidant, les élèves du Collège Kubama arrivent dès 7h30, vêtus avec soin de leur uniforme spécial, marquant le début d’une année pas comme les autres. Une nouvelle habitude s’installe : l’écusson change. Il proclame avec clarté ce que l’institution célèbre — cent ans de mission au cœur de Kisantu.Cette terre, qui porte en elle une grande part de l’histoire jésuite en Afrique centrale, rassemble ses fils héritiers en la paroisse Sainte Trinité de Nkandu pour un événement majeur : la messe d’ouverture de l’année du centenaire, messe du Saint Esprit. 2. Messe solennelle : mémoire, mission, espérance À 9h30, tout étant prêt, Son Excellence Monseigneur Jean-Crispin Kimbeni, évêque de Kisantu, fait son entrée dans l’église, accompagné d’une quinzaine de concélébrants, majoritairement jésuites, tous résolus à rendre inoubliable ce jour tant attendu.La chorale du Collège Kubama et les acteurs liturgiques, soigneusement préparés, accomplissent leur tâche avec ferveur et maîtrise. L’assemblée, toute joyeuse, chante et danse aux rythmes des chants vigoureusement entonnés, dans une ferveur qui embrase les cœurs et consacre l’ouverture d’une année mémorable.Dans son homélie, Monseigneur mit l’accent sur l’amour du prochain et la formation intégrale de la jeunesse. S’appuyant sur la première lecture (Genèse 12, 1–7), il compara la vocation d’Abraham — fondée sur l’écoute, la fidélité et l’obéissance — à celle de tout jeune bien formé, capable de devenir source de bénédiction pour la société.Il exhorta les collégiens kubamiens à une obéissance indéfectible à leurs éducateurs, et s’indigna contre toute éducation qui “bourre la tête” au détriment du cœur. Il prôna une pédagogie de l’intégrité, où l’intelligence se conjugue avec la sensibilité, et où le savoir devient service.S’adressant aux enseignants, il rappela leur rôle de garants de l’éducation du cœur, les invitant à former des consciences ouvertes à l’amour du prochain. Citant la parabole du Bon Samaritain (Luc 10, 25–37), il renversa la question du pharisien : “Qui est mon prochain ?” pour lui préférer celle-ci : « De qui suis-je le prochain ? » — soulignant que le prochain n’est pas seulement celui qui souffre, mais celui qui choisit d’aimer et d’agir.Dans un moment de grande intensité, il interpella l’assemblée :« Qui serait heureux, seul au monde avec tous les biens de la terre ? » Le silence qui suivit fut une réponse éloquente.Monseigneur appela alors à viser la réussite collective, seule capable de bâtir une société solide, loin des mirages de l’individualisme qui ont trop souvent plongé nos communautés dans le chaos.Dans un climat de méditation, l’Eucharistie se poursuivit avec recueillement. Après la communion, la parole fut donnée à plusieurs figures représentatives de la communauté éducative : le président des élèves, le délégué des enseignants, le représentant des anciens du Collège (ACMSKI), le Père Préfet et chef d’établissement, ainsi que le père délégué du provincial pour l’éducation. Chacun, à sa manière, tissa un fil de gratitude, d’espérance et d’engagement.Enfin, dans un moment de grâce, Monseigneur Jean-Chrispin prit la parole. Par son verbe clair et inspiré, il déclara officiellement ouverte l’année jubilaire du centenaire du Collège Kubama CMS, scellant ainsi l’entrée dans une saison de mémoire et de renouveau.Après la messe se tint une visite à la grotte mariale, puis à la sacristie, l’évêque bénit le livre d’or du Collège, symbole vivant de l’histoire partagée et des pages à écrire ensemble. 3. L’après-messe : fête, fondation et mémoire Après la célébration, les invités se retrouvèrent dans une ambiance festive : certains au réfectoire de la communauté, d’autres dans l’enceinte de l’internat, après la pose symbolique de la première pierre du projet de construction de l’école primaire.À l’internat, l’ambiance était au rendez-vous. Le service fut assuré par le groupe G21 des élèves (cf. Foi et Joie), dans une atmosphère de danses et de musiques soigneusement choisies : anciennes pour les générations passées, actuelles pour les jeunes d’aujourd’hui. Une véritable communion intergénérationnelle.Un moment d’émotion marqua la fête : un cadeau spécial fut remis à Papa Boniface, secrétaire du Collège, qui célébrait ce jour-là ses quatre-vingts ans. Puis, ceux qui partagent avec le Collège une histoire particulière laissèrent une empreinte dans le livre d’or, désormais disponible pour tout visiteur souhaitant y inscrire un mot de mémoire ou d’espérance.Signalons qu’une forte délégation du Collège Boboto et du Collège Bonsomi était au rendez-vous. 4. Rendez-vous à la prochaine activité ! Le centenaire ne fait que commencer. Que la lumière de Kubama continue d’éclairer les chemins de demain. Gratien Nshokano, SJ / Michel Gwogwo SJ