Fidèle à la tradition du Collegio Internazionale del Gesù (Rome), l’ordination diaconale se tient habituellement le mardi de l’Octave de Pâques en l’église du Très Saint Nom de Jésus (le Gesù), église-mère de la Compagnie de Jésus. Cette année toutefois, la célébration a revêtu un caractère exceptionnel : en raison des travaux de restauration en cours au Gesù, menés par le ministère italien de la Culture, elle s’est déroulée le 7 avril 2026 dans la Basilique papale Sainte-Marie-Majeure, offrant à cet événement une solennité particulière. Une mosaïque universelle au service de l’Évangile Ils étaient quatorze compagnons à s’avancer vers l’autel pour être ordonnés diacres. Parmi eux, les scolastiques Benito Lelo Ndudi, SJ et Honoré Mbaya Molola, SJ représentaient la Province d’Afrique centrale (ACE). À elle seule, la liste des ordinands donnait à voir le visage universel de la Compagnie de Jésus : Carlos Enrique Morales (Pérou), F. X. Tran Van Cuong (Vietnam), Gabriel Owusu Adjei (Ghana), Gregorius Agung Satriyo Wibisono (Indonésie), Guillaume Semugisha (Burundi), Jean Hervé Delphonse (Haïti), Jesús Manuel Roa (Mexique), Martins Emeka Duru (Nigéria), Nobert Rwodzi (Zimbabwe), Pingal Lakra et Vicky Lal (Inde), ainsi que Taylor Quentin Fulkerson (États-Unis). Autant d’origines qui, réunies dans une même célébration, illustrent avec force la catholicité de l’Église et la vocation universelle de la Compagnie. Cette diversité culturelle, loin d’être un simple fait sociologique, apparaît comme une richesse spirituelle : un corps apostolique unifié dans la mission, mais riche de ses langues, de ses histoires et de ses sensibilités. Une liturgie habitée par la prière et la communion La célébration eucharistique s’est déroulée dans une atmosphère de profond recueillement. La liturgie, particulièrement soignée, a été magnifiée par le talent du maître de chant du Collegio, Eloi Kataka, SJ (ACE), dont l’animation a contribué à porter la prière de l’assemblée. Présidée par Son Éminence le Cardinal Peter Turkson, Chancelier des Académies pontificales des Sciences, la messe a réuni de figures majeures de la Compagnie de Jésus, notamment le Préposé général, le Père Arturo Sosa, SJ, son Délégué pour les maisons romaines internationales, le Père Johan Verschueren, SJ, ainsi que le Recteur du Collegio, le Père William Keith Abranches, SJ. Le nouveau Provincial nommé de l’ACE, le Père Dominique Dhedya, SJ, était également présent, aux côtés de plus de soixante prêtres, jésuites et autres, venus soutenir les ordinands. La présence joyeuse des compagnons de l’ACE en mission à Rome a encore renforcé cette communion fraternelle. « Connaître, aimer et suivre le Christ » Dans son homélie, s’appuyant sur les lectures du jour (Ac 2, 36-41 ; Ps 32 ; Jn 20, 11-18), le Cardinal Turkson a magnifié le mystère pascal, rappelant que la Résurrection demeure l’appel fondamental à contempler l’amour infini de Dieu manifesté dans le Christ. Faisant le lien entre le don de l’Esprit Saint dans les Actes des Apôtres et l’appel personnel adressé à Marie-Madeleine dans l’Évangile, le prélat Ghanéen a invité les ordinands à cultiver une intimité profonde avec le Christ ressuscité. Dans une référence explicite aux Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola, il les a encouragés à ancrer leur ministère diaconal dans une expérience personnelle du Seigneur, afin de mieux le connaître, l’aimer et le servir dans leurs frères et sœurs. La fidélité à l’oraison (prière) quotidienne, a-t-il souligné, demeure le fondement et la force de toute mission. Les nouveaux diacres et les compagnons de l’ACE à Rome Une joie partagée dans la simplicité fraternelle À l’issue de la célébration, la communauté San Pietro Canisio a offert un cadre chaleureux pour un banquet festif réunissant les nouveaux diacres, leurs proches, leurs compagnons jésuites et leurs amis. Ce moment de convivialité a prolongé la grâce de la liturgie dans une joie simple et fraternelle. Tout en souhaitant un ministère diaconal fécond aux Pères Benito et Honoré, nous rendons grâce au Seigneur qui les a appelés à devenir compagnons de son Fils, Jésus le Ressuscité. À travers eux, c’est toute la Compagnie qui se voit interpelée dans sa mission : être, à la suite du Christ ressuscité, servante de l’Évangile et témoin d’une espérance offerte à tous. Zihalirwa MushagalusaCollegio Internazionale del Gesù
Mois de mars: Mémoire d’un feu missionnaire aux origines de la Compagnie de Jésus en Afrique centrale
Le mois de mars porte une mémoire particulière pour la Compagnie de Jésus en Afrique centrale. Deux dates s’y inscrivent comme des repères fondateurs : le 18 mars 1548, qui marque l’arrivée des premiers jésuites au Royaume du Kongo, et le 30 mars 1893, jour où une nouvelle équipe missionnaire atteint Boma pour fonder la Mission du Kwango. Cent trente-trois ans plus tard, ces anniversaires ne relèvent pas seulement du souvenir historique : ils invitent à raviver, pour aujourd’hui, le feu missionnaire qui continue d’animer la Province. Boma, 30 mars 1893 : une mission semée dans la foi Le jeudi saint 30 mars 1893, une équipe de trois jésuites posait le pied à Boma: il s’agit des Pères Émile Van Hencxthoven, supérieur de la mission de 1893 à 1902, Dumont, et du Frère Lombary. Leur arrivée n’était pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement d’un élan spirituel et apostolique longuement préparé. Quelques semaines auparavant, rapporte Mgr Fernand Mukoso (Cf. Les origines et les débuts de la Mission du Kwango (1879-1914), p. 76), le Père Van Hencxthoven avait lancé, en Europe, de véritables croisades de prière, invitant les fidèles à soutenir cette mission naissante par leurs intercessions et leurs bonnes œuvres. Dès l’origine, la Mission du Kwango apparaît ainsi comme une œuvre portée autant par la prière que par l’engagement apostolique. Ce premier groupe sera rejoint un mois plus tard par les Frères De Sadeleer et Justin Gillet, qui marquera durablement la région en fondant plus tard le célèbre jardin botanique de Kisantu; signe que l’annonce de l’Évangile s’est aussi accompagnée d’un travail patient au service du développement humain. Une mémoire plus ancienne : les premières missions au Royaume du Kongo Si la Mission du Kwango marque un tournant décisif, elle n’est pourtant pas la première présence jésuite en Afrique centrale. Dès le 18 mars 1548, sous le généralat de Saint Ignace de Loyola, quatre jésuites atteignent Mbanza Kongo, dans l’actuelle Angola, grâce à la médiation de l’ambassadeur Diogo Gomes, prêtre Kongo d’ascendance portugaise. Celui-ci entrera dans la Compagnie de Jésus en 1549 sous le nom de Cornelius Gomes, devenant probablement le premier jésuite africain de l’histoire (cf. Festo Mkenda, St. Ignatius’ interest for Africa – Kingdom of Kongo – The Society of Jesus). Cette première mission, bien que brève, ouvre une page importante de l’histoire missionnaire. Les jésuites quittent le Kongo en 1555, dans un contexte de tensions avec le roi Diogo Ier. Ils y reviendront vers le dernier quart du 16ᵉ siècle, où leur présence se prolongera pendant près d’un siècle, avant une nouvelle expulsion en 1674. Entre-temps, invités à Luanda, où les Portugais s’étaient également établis, ils y demeureront jusqu’à leur expulsion en 1759, à la suite des mesures prises par le marquis de Pombal contre la Compagnie dans les territoires portugais. Le retour en Afrique centrale et l’héritage d’une double fondation Avec la Mission du Kwango, la Compagnie de Jésus fait son retour durable dans ce qui constitue aujourd’hui la République démocratique du Congo. Il faudra cependant attendre octobre 1973 pour qu’elle reprenne officiellement sa présence en Angola. L’actuelle Province jésuite d’Afrique centrale (ACE), qui englobe la RDC et l’Angola, se comprend ainsi comme l’héritière de ces deux grands moments missionnaires : celui du 16ᵉ siècle, dans les premières tentatives d’évangélisation dans le Royaume du Kongo, et celui du 19ᵉ siècle, avec le grand élan missionnaire de la seconde évangélisation de l’Afrique profonde. Ces deux dates – le 18 mars et le 30 mars – inscrites au cœur du même mois, ne sont pas de simples repères chronologiques. Elles rappellent que la vocation jésuite est profondément missionnaire : une disponibilité à être envoyés « aux frontières », là où l’Évangile doit encore être annoncé, accueilli et incarné. Honorer la mémoire des pionniers et raviver aujourd’hui le feu missionnaire Faire mémoire de ces débuts, c’est aussi honorer les figures des pionniers de la mission, parmi lesquels figure le P. Émile Van Hencxthoven, dont nous célébrerons le 6 avril prochain le 120ᵉ anniversaire de la mort. Il s’éteint en 1906 à Wombali, au terme d’une vie donnée sans réserve à la mission. Son engagement, marqué par une foi audacieuse et une grande capacité d’initiative, témoigne de ce qu’a été, dès l’origine, la mission jésuite en Afrique centrale : une présence humble, souvent fragile, mais enracinée dans une confiance profonde en Dieu et dans un amour concret pour les peuples rencontrés. En célébrant ces anniversaires, la Province d’Afrique centrale ne se tourne pas seulement vers son passé. Elle est invitée à se laisser interpeller pour aujourd’hui. Le feu missionnaire qui animait les premiers compagnons ne relève pas d’une époque révolue ; il demeure le cœur battant de l’identité jésuite. Du Royaume du Kongo à la Mission du Kwango, des pionniers du 16ᵉ siècle aux jésuites d’aujourd’hui, une même histoire se déploie : celle d’un envoi, d’une présence et d’un service, entre fragilités indéniables et zèle ardent. Dans un contexte marqué aujourd’hui par de nouveaux défis – politiques, sociaux, culturels, écologiques et ecclésiaux – , cette mémoire appelle à renouveler la disponibilité, la créativité et le courage apostolique. La Compagnie de Jésus en Afrique centrale est appelée à continuer d’écrire cette histoire, non pas en répétant le passé, mais en laissant l’Esprit ouvrir des chemins nouveaux, au service de l’Évangile et des peuples auxquels elle est envoyée. Par Christian Kombe Lele, SJ
Voyage apostolique du Pape Léon XIV en Angola
Le 25 février 2026, le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, a confirmé les premiers voyages apostoliques du Pape Léon XIV pour l’année en cours. Parmi eux, un déplacement en Angola est prévu du 18 au 21 avril, avec des étapes à Luanda, Muxima et Saurimo. Les déplacements du Souverain Pontife se déclinent sous deux formes distinctes. La visite pastorale concerne le diocèse de Rome, où le Pape exerce sa mission d’évêque. Le voyage apostolique, quant à lui, s’inscrit dans une dimension universelle, le conduisant dans différents pays à la rencontre des Églises locales. Le programme annoncé pour 2026 témoigne de cette ouverture : dix jours en Afrique (Algérie, Cameroun, Angola et Guinée équatoriale), une étape à Monaco et six jours en Espagne, notamment à Madrid, Barcelone et aux îles Canaries. Au-delà de leur dimension protocolaire, ces visites sont avant tout des moments de grâce pour les Églises particulières. Elles permettent au Pape de manifester sa proximité, d’encourager les fidèles et de les confirmer dans la foi. Elles sont également porteuses d’une mission plus large : promouvoir la paix, encourager le dialogue interreligieux et œcuménique, et rappeler l’attention constante de l’Église aux plus vulnérables. C’est dans cette perspective que les rencontres avec les migrants, les réfugiés ou encore les bénéficiaires des œuvres caritatives figurent régulièrement au cœur du programme pontifical. Ces visites expriment concrètement une Église en sortie, attentive aux réalités du monde et engagée au service de la dignité humaine. P. Avelino Chicoma Bundo Chico,directeur de cabinet au Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral Voir l’intégralité du programme: https://press.vatican.va/content/salastampa/it/bollettino/pubblico/2026/03/16/0208/00394.html#fra
Visita apostólica de Sua Santidade Papa Leão XIV em Angola
A 25 de fevereiro, o Director da Sala de Imprensa da Santa Sé, Matteo Bruni, confirmou as primeiras viagens apostólicas do Papa Leão XIV para 2026. O Papa visitará Angola entre 18 e 21 de abril, nomeadamente Luanda, Muxima e Saurimo. As visitas papais podem assumir duas formas: visita pastoral ou viagem apostólica. A visita pastoral refere-se à deslocação do Papa a uma das paróquias da diocese de Roma, na sua qualidade de bispo desta. Por seu turno, a viagem apostólica é realizada a um ou vários países. O programa anunciado no dia 25 compreende dez dias em África (Argélia, Camarões, Angola e Guiné Equatorial), um dia no Mónaco e seis dias em Espanha (Madrid, Barcelona e Ilhas Canárias). Tanto a visita pastoral como a viagem apostólica constituem eventos significativos para a Igreja particular. Além de se reunir com a comunidade católica local para expressar proximidade, escuta e confirmação na fé, a visita visa promover a paz, o diálogo inter-religioso e o ecumenismo. O programa de visita de um Papa inclui sempre um contacto com as comunidades mais vulneráveis. Não é de admirar que os migrantes, os refugiados e as pessoas apoiadas pela Cáritas constem do programa da visita do Santo Padre. Pe. Avelino Chico, SJDirector do gabinete do Discatério para a o desenvolvimento Integral e humano Veja o programa completo: https://press.vatican.va/content/salastampa/it/bollettino/pubblico/2026/03/16/0208/00394.html#por
Carême: Récollection des parents des jésuites à Bukavu
À l’approche des célébrations pascales, les parents des compagnons jésuites résidant à Bukavu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, se sont réunis pour un temps de récollection au Collège Alfajiri, le dimanche 15 mars 2026, quatrième dimanche de Carême, dit Laetare (« Réjouissez-vous! »). Plus qu’une simple rencontre, cette journée s’est donnée comme un moment de ressourcement spirituel, où les familles des nôtres, intimement liées à la vocation de leurs fils, ont été invitées à entrer plus profondément dans la dynamique de conversion propre au temps du Carême. Le Carême, un chemin de conversion et de recentrement Animée par le scolastique Albert Kasongo, SJ, en régence au Collège Alfajiri, la récollection a rassemblé, plus de vingt-cinq parents autour du thème : « Avec l’Église famille de Dieu, transformons-nous pour ressusciter avec le Christ ». L’animateur a aidé les participants à entrer dans le sens de cette démarche spirituelle. « Le Carême, a-t-il rappelé, n’est pas d’abord une succession de pratiques, mais un chemin intérieur de conversion, où chacun est appelé à reconnaître ses égarements et à se tourner résolument vers Dieu.» Structurant son partage autour de trois sous-thèmes — le sens du Carême, le message du pape Léon XIV et le vœu d’obéissance dans la Compagnie de Jésus — il a mis en lumière les fondements de ce temps liturgique. La prière, la pénitence et le partage en constituent les piliers essentiels, non comme des obligations extérieures, mais comme des moyens concrets de recentrer la vie sur l’essentiel, a-t-il souligné. Remettre Dieu au centre : un appel pour aujourd’hui S’appuyant sur le message de Carême 2026 du pape Léon XIV, intitulé « Écouter et jeûner : le Carême comme un temps de conversion », le P. Kasongo a insisté sur une invitation centrale : remettre le mystère de Dieu au centre de notre existence. Dans un monde marqué par la dispersion, les inquiétudes et les sollicitations multiples, ce recentrement apparaît comme une urgence spirituelle. Il s’agit, concrètement, de replacer Dieu au centre de nos pensées, de nos choix et de nos actions. La prière fidèle, l’examen de conscience, l’adoration eucharistique, la vie sacramentelle et la participation à la vie ecclésiale sont autant de chemins qui permettent d’habiter ce mouvement de conversion. Ainsi compris, le Carême devient un véritable temps de préparation à la Pâque, où le cœur se purifie pour accueillir la joie de la Résurrection. Comprendre la mission jésuite : l’obéissance comme disponibilité Dans un dernier temps, le P. Kasongo a brièvement éclairé les participants sur le sens du vœu d’obéissance dans la Compagnie de Jésus. Loin d’être une contrainte, celui-ci exprime une disponibilité radicale à la mission, reçue à travers le supérieur qui tient, pour le jésuite, la place du Christ. « La mission ne se négocie pas, elle se reçoit », a-t-il souligné, invitant à comprendre l’obéissance comme un chemin de liberté intérieure, de détachement et de confiance. Pour ces parents, cette réflexion a permis de mieux saisir la dynamique spirituelle qui sous-tend la vocation de leurs fils, et de s’y associer intérieurement. Une communion discrète mais réelle La récollection s’est achevée par la célébration eucharistique et une photo souvenir, dans une atmosphère de simplicité et de joie fraternelle. Au-delà de l’événement lui-même, cette rencontre donne à voir une réalité souvent discrète mais essentielle : celle des familles qui, dans la prière et la fidélité, accompagnent le chemin vocationnel de leurs enfants. En ce temps de Carême, elles apparaissent, elles aussi, comme engagées dans un chemin de conversion et de disponibilité, participant à leur manière à la mission de l’Église.
Le P. Dominique Dhedya, SJ, nouveau Provincial des Jésuites d’Afrique Centrale (Angola et RD Congo)
Le P. Arturo Sosa, SJ, Supérieur général de la Compagnie de Jésus, a nommé le P. Dominique Dhedya Bamunoba, SJ, Supérieur Provincial des Jésuites d’Afrique Centrale (ACE). Il succédera au P. Rigobert Kyungu Musenge, SJ, arrivé au terme de son mandat de six ans, et prendra ses fonctions le 31 juillet 2026, en la solennité de saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus. Le P. Dominique Dhedya Bamunoba, SJ, est né le 27 juin 1976 à Strasbourg (Alsace, France). Il a effectué ses études primaires et une partie de ses études secondaires au Collège Imara à Lubumbashi (1981-1994), puis a poursuivi ses études au Collège Maele à Kisangani (1994-1995). Après une année de stage de candidature au Collège Bonsomi de Kinshasa (1995-1996), il entre dans la Compagnie de Jésus le 22 septembre 1996 à Iniangi (Kwango, RDC). Il achève son noviciat à Kisantu (Kongo Central) en 1998, avant d’entreprendre des études de philosophie à l’Institut Saint-Pierre Canisius de Kimwenza (1998-2001). Il effectue ensuite sa régence à l’Institut Technique et Professionnel de Kikwit (2001-2003), puis est envoyé en théologie à Hekima College, à Nairobi (2003-2006). Il y est ordonné diacre le 18 février 2006, avant d’être nommé formateur et ministre au noviciat de Kisantu (2006-2008). Ordonné prêtre le 28 juillet 2007 à Lubumbashi, il poursuit ensuite une année de préparation à Rome en vue d’études bibliques (2009-2010), qu’il approfondira en Allemagne, à Francfort-sur-le-Main, où il obtient une licence (Master) en théologie biblique en 2014. De retour en RDC, il est nommé directeur du Centre Spirituel Manresa à Kinshasa (2015-2020). Il effectue ensuite son Troisième An au Centre Spirituel Mwangaza, à Nairobi (janvier-août 2020), avant de revenir comme recteur de l’Institut Technique et Professionnel de Kikwit (2020-2023). Durant cette période, il assiste également le Provincial en tant que Délégué pour la Région du Kwilu (2022-2023). Le P. Dhedya a prononcé ses derniers vœux à Kinshasa le 25 janvier 2023. Répondant à une demande du Dicastère pour l’évangélisation (Propaganda Fide), il est depuis septembre 2023 directeur spirituel et formateur au Pontificio Collegio Urbano de Rome, où il accompagne des futurs prêtres diocésains issus des territoires de mission. « Nous rendons grâces à Dieu pour ce don du Seigneur à notre Province, et nous remercions le P. Dominique pour sa disponibilité et sa générosité. Portons notre nouveau Supérieur Provincial dans la prière », a déclaré le P. Rigobert Kyungu, Provincial sortant de l’ACE, à l’annonce de cette nomination. Le P. Arturo Sosa, SJ, Supérieur général de la Compagnie de Jésus, a nommé le P. Dominique Dhedya Bamunoba, SJ, Supérieur Provincial des Jésuites d’Afrique Centrale (ACE). Il succédera au P. Rigobert Kyungu Musenge, SJ, arrivé au terme de son mandat de six ans, et prendra ses fonctions le 31 juillet 2026, en la solennité de saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus. Le P. Dominique Dhedya Bamunoba, SJ, est né le 27 juin 1976 à Strasbourg (Alsace, France). Il a effectué ses études primaires et une partie de ses études secondaires au Collège Imara à Lubumbashi (1981-1994), puis a poursuivi ses études au Collège Maele à Kisangani (1994-1995). Après une année de stage de candidature au Collège Bonsomi de Kinshasa (1995-1996), il entre dans la Compagnie de Jésus le 22 septembre 1996 à Iniangi (Kwango, RDC). Il achève son noviciat à Kisantu (Kongo Central) en 1998, avant d’entreprendre des études de philosophie à l’Institut Saint-Pierre Canisius de Kimwenza (1998-2001). Il effectue ensuite sa régence à l’Institut Technique et Professionnel de Kikwit (2001-2003), puis est envoyé en théologie à Hekima College, à Nairobi (2003-2006). Il y est ordonné diacre le 18 février 2006, avant d’être nommé formateur et ministre au noviciat de Kisantu (2006-2008). Ordonné prêtre le 28 juillet 2007 à Lubumbashi, il poursuit ensuite une année de préparation à Rome en vue d’études bibliques (2009-2010), qu’il approfondira en Allemagne, à Francfort-sur-le-Main, où il obtient une licence (Master) en théologie biblique en 2014. De retour en RDC, il est nommé directeur du Centre Spirituel Manresa à Kinshasa (2015-2020). Il effectue ensuite son Troisième An au Centre Spirituel Mwangaza, à Nairobi (janvier-août 2020), avant de revenir comme recteur de l’Institut Technique et Professionnel de Kikwit (2020-2023). Durant cette période, il assiste également le Provincial en tant que Délégué pour la Région du Kwilu (2022-2023). Le P. Dhedya a prononcé ses derniers vœux à Kinshasa le 25 janvier 2023. Répondant à une demande du Dicastère pour l’évangélisation (Propaganda Fide), il est depuis septembre 2023 directeur spirituel et formateur au Pontificio Collegio Urbano de Rome, où il accompagne des futurs prêtres diocésains issus des territoires de mission. « Nous rendons grâces à Dieu pour ce don du Seigneur à notre Province, et nous remercions le P. Dominique pour sa disponibilité et sa générosité. Portons notre nouveau Supérieur Provincial dans la prière », a déclaré le P. Rigobert Kyungu, Provincial sortant de l’ACE, à l’annonce de cette nomination.
À Nairobi, cinq jésuites de l’ACE ordonnés diacres: un “oui” au service de l’Église universelle
C’est dans une église Notre-Dame de Guadalupe comble que vingt-trois candidats – dont quinze jésuites, cinq assomptionnistes et trois carmélites de l’Assomption, tous étudiants à Hekima University College – ont été ordonnés diacres samedi 14 février 2026, à Nairobi. Parmi eux, cinq jésuites de la Province d’Afrique centrale : Patient Aganze, Joseph Kambale, Christian Kombe, Camille Mukoso et Pierre-Guelord N’situ. Entourés de leurs familles et amis venus de la République démocratique du Congo, mais aussi de France, Belgique, Tanzanie ou établis au Kenya, ils ont vécu cette étape majeure au cœur d’une assemblée vibrante d’action de grâce. Au début de la célébration, les candidats ont été présentés par le Père José Minaku, Président de la Conférence des Jésuites d’Afrique et de Madagascar (JCAM), à Son Excellence Mgr Hubertus Matheus Maria von Megen, nonce apostolique au Kenya, qui a présidé l’Eucharistie et conféré l’ordination diaconale, avec la permission de l’archevêque de Nairobi, Mgr Philippe Anyolo. Dans son homélie, le nonce apostolique a puisé dans la première lecture tirée du Livre des Nombres, évoquant l’institution des lévites, mis à part pour le service du culte. À partir de cette figure biblique, il a établi un parallèle éclairant avec le ministère diaconal, soulignant que l’ordination n’est pas d’abord une fonction, mais une mise à part pour Dieu. S’adressant directement aux ordinands, il leur a rappelé qu’à l’image des lévites, ils vivent désormais «une union spéciale, un attachement particulier au Seigneur», car «Dieu vous réclame, il veut que vous soyez saints pour lui». Cette consécration, a-t-il poursuivi, trouve une expression concrète dans le célibat et la chasteté, signes d’un don total au Christ.Mais cet attachement, a-t-il précisé, ne peut reposer sur les seules forces humaines: il est d’abord œuvre de la grâce. «C’est pourquoi durant la liturgie de l’ordination diaconale, le diacre promet d’être fidèle dans la célébration de la liturgie des heures pour l’Église et le monde entier.» Le diacre ne peut vivre sa vocation que dans «une foi profonde, un attachement profond à Dieu», enraciné dans le service de l’autel, du prêtre et de la communauté. Il s’agit, en définitive, de «rendre gloire à Dieu et servir l’Église », a-t-il souligné. La célébration, animée avec beauté et ferveur par la chorale universitaire de Hekima, a été à la hauteur de l’événement : joyeuse, priante et recueillie. Au terme de la messe, le P. Emmanuel Foro, recteur du théologat jésuite de Hekima University College, a exprimé, au nom des nouveaux diacres, une parole de gratitude envers Dieu et l’assemblée. Il a remercié le nonce apostolique, le président du JCAM, les provinciaux jésuites présents (cinq d’entre eux avaient fait le déplacement), les supérieurs majeurs et locaux d’instituts religieux, le délégué jésuite pour la formation du Sri Lanka, les formateurs et collaborateurs de Hekima, ainsi que les familles et amis venus de différents pays. Il a également souligné la dimension véritablement universelle de cette ordination – les nouveaux diacres proviennent de neuf pays : Sri Lanka, Inde, Ghana, Nigeria, Togo, RDC, Madagascar, Zimbabwe et Kenya – invitant l’assemblée à continuer à les accompagner et à soutenir dans leur miistère. Après l’Eucharistie, la célébration s’est prolongée par des photos et un déjeuner festif dans l’enceinte de la communauté de Hekima University College, dans une atmosphère faite de gratitude, de joie et de fraternité. Témoignages Joseph Kambale Kasumba, SJ : « Le 14 février 2026, une date et une journée qui a parlé d’elle-même. Au matin de ce jour particulier, j’ai compris que tous les jours ne se ressemblent pas, il y a ceux qui marquent les mémoires. Ce jour-là, avec mes compagnons nous avons été appelé à quitter nos ombres pour revêtir une autre tunique, plus claire et en même temps plus fragile. L’homélie prononcée par le nonce apostolique m’avait fait comprendre que le diaconat n’est pas un grade, ni un honneur. C’est un commencement. Une première marche vers l’autel, mais surtout vers les autres. Dans la foule, des visages venus de loin. Des mères, des pères debout, fiers de voir leurs enfants grandir et jugés prêts pour le service du peuple de Dieu. Des amis, des frères, des sœurs en humanité qui ont traversé des kilomètres de route et de temps pour être témoins d’un seul mot : Oui, me voici! Et quand ce mot fut prononcé, tout s’est éclairé. J’ai compris que ce n’était pas une cérémonie, mais un nœud sacré, un lien tissé entre la terre et le ciel, entre ma famille de sang et la grande famille des croyants, entre ce que j’étais et ce que je deviens. Ce n’est pas un aboutissement, c’est une porte. Derrière elle, une vie entière à donner, à servir, à aimer sans compter. Une vie pour les autres, avec les autres, parce qu’eux aussi ont fait la moitié du chemin. Ce jour-là, l’Église n’a pas seulement ordonné des diacres. Elle a béni des promesses, et dans chaque cœur présent, quelque chose de nouveau a germé. » Christian Kombe Lele, SJ: «En pensant au diaconat, trois grandes figures surgissent d’emblée dans mon esprit. La première est celle de saint Étienne, le proto-martyr. Figure éminente du groupe des Sept institués par les Apôtres pour le service – notamment la distribution de la nourriture aux veuves de la première communauté chrétienne (cf. Ac 6) – il apparaît aussi, dans les Actes des Apôtres, comme un puissant témoin de l’annonce de l’Évangile aux premières heures de l’Église. Son annonce courageuse du Kérygme devant le Sanhédrin le conduit jusqu’au témoignage suprême: il meurt en pardonnant à ses bourreaux, configuré au Christ jusque dans l’offrande de sa vie. La deuxième figure est celle de saint Laurent, diacre et martyr de l’Église de Rome au temps des persécutions du IIIᵉ siècle. Le récit de son martyre met en lumière sa charité héroïque. Chargé des biens de l’Église, il choisit de les distribuer aux pauvres plutôt que de les livrer aux persécuteurs qui les réclamaient. En présentant les pauvres comme le véritable trésor de l’Église, il manifeste que le diaconat est inséparablement lié au service concret
Protéger les mineurs et les adultes vulnérables à l’école: une responsabilité partagée
Dans le cadre de leur mission éducative, l’Institut Technique et Professionnel de Kikwit (ITPK) et le Collège Sadisana ont organisé mardi 26 janvier 2026 une conférence consacrée à la protection des mineurs et des adultes vulnérables en milieu éducatif. Animée par le Père Augustin Kalubi, SJ, délégué du Père Provincial pour l’éducation, cette rencontre s’inscrit dans la mise en œuvre de la politique de sauvegarde et de protection de la Province jésuite d’Afrique Centrale (ACE), visant à prévenir, détecter et traiter toute forme d’abus ou d’exploitation dans ses établissements scolaires. L’initiative répond à une conviction forte : garantir un environnement éducatif sain, sûr et respectueux de la dignité humaine n’est pas une option, mais une responsabilité partagée qui engage l’ensemble de la communauté éducative. Une politique provinciale au service de la dignité humaine Présente en Angola et en République Démocratique du Congo, la Province d’Afrique Centrale de la Compagnie de Jésus s’est dotée d’une politique spécifique de protection des enfants et des adultes vulnérables dans ses institutions. Sont concernés non seulement les mineurs, mais aussi toute personne dont la capacité à se défendre ou à s’exprimer est fragilisée en raison de l’âge, d’un handicap, d’une dépendance ou d’une situation de précarité sociale ou professionnelle. Cette politique s’appuie à la fois sur les cadres juridiques nationaux et internationaux et sur les valeurs éducatives et spirituelles de la tradition jésuite, pour laquelle le respect de la personne et la promotion de la justice constituent des piliers fondamentaux. Créer un climat de confiance et de sécurité Au cœur de son intervention, le Père Kalubi a rappelé avec insistance que tout établissement scolaire doit être un sanctuaire de la dignité humaine: un lieu de confiance, de respect et de sécurité. À ce titre, les membres du personnel éducatif et toute personne impliquée dans l’encadrement des élèves et des adultes vulnérables sont appelés à adopter des attitudes claires et responsables. Il s’agit notamment de traiter chacun avec respect et dignité, de favoriser un climat d’écoute et de dialogue permettant aux personnes fragiles d’exprimer leurs difficultés, d’exclure tout comportement violent, discriminatoire ou dégradant, ainsi que toute forme d’abus verbal, physique, sexuel ou d’autorité. Une vigilance particulière est également demandée quant aux situations d’isolement injustifié, aux échanges ambigus ou à l’utilisation des outils de communication, afin de maintenir une séparation nette entre vie professionnelle et vie personnelle. Des mécanismes clairs de prévention et de signalement La conférence a également précisé les dispositifs concrets mis en place par l’ACE. Chaque établissement est tenu de désigner un Chargé de la Protection de l’Élève et de la Personne Adulte vulnérable (CPEA). Cette personne de référence est chargée de recevoir les signalements, de conduire des enquêtes préliminaires dans la confidentialité, de proposer des mesures conservatoires de protection, d’orienter les victimes vers un accompagnement approprié et de discerner les situations relevant d’une médiation éducative de celles devant être transmises aux autorités judiciaires compétentes. Par ailleurs, tout nouveau membre de la communauté éducative est tenu de suivre une session d’accueil et d’initiation au protocole de protection, de signer une déclaration d’engagement et de fournir des références attestant de son aptitude à travailler auprès de mineurs ou de personnes adultes vulnérables. Une responsabilité partagée Au terme de la rencontre, l’intervenant a rappelé que la protection des mineurs et des adultes vulnérables ne se réduit ni à une exigence administrative ni à une contrainte juridique. Elle constitue une mission éducative, éthique et profondément humaine, qui engage enseignants, personnel administratif, élèves et familles. C’est par la collaboration, la vigilance et l’appropriation concrète des outils mis en place que les établissements scolaires peuvent demeurer des espaces sûrs, épanouissants et exempts de toute forme d’abus. En s’inscrivant résolument dans cette dynamique, l’Institut Technique et Professionnel de Kikwit et le Collège Sadisana réaffirment leur volonté d’offrir à tous un cadre éducatif fondé sur le respect, la protection et la dignité de la personne. Hussein Mosiko, SJ
30e Journée de la Vie Consacrée: Prophétie de la présence au cœur d’un monde blessé
À l’occasion de la XXXe Journée de la Vie Consacrée, le Dicastère pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique a adressé une lettre aux consacrés et consacrées du monde entier, intitulée Prophétie de la présence : Vie consacrée, là où la dignité est blessée et la foi mise à l’épreuve. Publiée le 28 janvier 2026, la lettre a été signée par les trois premiers responsables du Dicastère : la préfète, Sœur Simona Brambilla, M.C., le pro-préfet, le cardinal Ángel Fernández Artime, S.D.B., et la secrétaire, Sœur Tiziana Merletti, S.F.P. Ce message fort vient confirmer la vie consacrée non pas d’abord par ce qu’elle fait, mais par ce qu’elle est : une présence fidèle et humble au cœur d’un monde marqué par la violence, les injustices, de nouvelles formes de solitude et d’indifférence, les exclusions et la fragilisation de l’espérance. Pour le Père José Minaku Lukoli, SJ président de la Conférence Jésuite d’Afrique et de Madagascar (JCAM), à rebours d’une lecture purement fonctionnelle ou utilitariste — qui s’interroge sans cesse sur la « pertinence » de la vie consacrée aujourd’hui — la lettre du Dicastère rappelle que le monde attend avant tout des personnes consacrées « une présence vivante, prophétique », capable d’offrir une lueur d’espoir dans des contextes « marqués par les ténèbres ». La lettre évoque avec réalisme les contextes dans lesquels vivent de nombreux consacrés : « les conflits, l’instabilité sociale et politique, la pauvreté, la marginalisation, les migrations forcées, les minorités religieuses, la violence et des tensions qui mettent à l’épreuve la dignité des personnes, leur liberté et parfois même leur foi ». C’est précisément dans ces lieux de fragilité que la vie consacrée révèle sa dimension prophétique comme « présence qui demeure » : présence aux côtés des peuples et des individus blessés, présence discrète mais tenace, signe que Dieu n’abandonne pas son peuple. Cette « présence qui demeure » n’est ni immobilisme ni résignation. Elle est une espérance active, qui se traduit par des gestes concrets de paix, de dialogue, de patience et de solidarité, mais aussi par le courage de dénoncer ce qui nie la dignité humaine et la justice. Dans cette perspective, elle devient « une parole prophétique pour toute l’Église et pour le monde ». Le Dicastère souligne également la richesse des différentes formes de vie consacrée – apostolique, contemplative, séculière, érémitique, ordre des vierges – comme autant d’expressions complémentaires d’une même prophétie : « demeurer avec amour, sans abandon, sans silence, en faisant de sa vie la Parole pour ce temps et pour cette histoire ». S’inscrivant dans l’enseignement du Pape Léon XIV, la lettre rappelle enfin que cette prophétie de la présence favorise le témoignage d’une paix qui n’est pas utopie abstraite, mais « cheminement exigeant et quotidien qui requiert écoute, dialogue, patience, conversion du cœur et de l’esprit, et rejet de la logique de l’oppression des plus forts ». Une paix qui naît « de la rencontre, de la responsabilité partagée, de la capacité d’écouter et de cheminer ensemble en harmonie, de l’amour de tous ». En demeurant proches des souffrances humaines sans céder à la logique du conflit, les personnes consacrées deviennent, souvent dans l’ombre, de véritables artisanes de paix. Dans un monde traversé par les ténèbres, ce message est une invitation claire : la vie consacrée n’est pas d’abord à justifier, mais à habiter, comme une lueur d’espérance, une semence de paix et une prophétie de la présence de Dieu aujourd’hui. Christian Kombe, SJ 👇🏽Le texte intégral de la lettre est disponible sur le site du Dicastère. Prophétie de la présence: Vie consacrée: là où la dignité est blessée et la foi mise à l’épreuve (Français) Profecia da presença: vida consagrada onde a dignidade é ferida e a fé é provada (Portugais)
Rencontre ignatienne (RMPP-MEJ – MAGIS – FSC) : une même spiritualité, des chemins complémentaires
Trois mouvements ignatiens se sont retrouvés le dimanche 25 janvier 2026 à la communauté Saint Pierre Claver (Servico), à Kinshasa, pour une journée d’échange de vœux placée sous le signe de la communion et de la mission. Organisée à l’initiative du Bureau national du Réseau Mondial de Prière du Pape – Mouvement Eucharistique des Jeunes (RMPP–MEJ), la rencontre a rassemblé les membres de ce réseau, rejoints par ceux du Réseau MAGIS et de la Famille du Sacré-Cœur (FSC). La journée s’est ouverte par une célébration eucharistique présidée par le Père Gilbert Mbambi, SJ, Directeur national du RMPP–MEJ en RDC. Cette Eucharistie, réunissant enfants, jeunes et adultes, a donné d’emblée le ton de la rencontre. Autour de l’autel se sont croisés des parcours, des âges et des vocations divers, unifiés par une même source : la spiritualité de saint Ignace de Loyola. Ainsi s’est donnée à voir une véritable famille spirituelle en marche, dans sa diversité, sa vitalité et son orientation résolument missionnaire. La célébration a été concélébrée par les Pères Anicet Nteba, SJ, supérieur de la communauté hôte, et Joseph Diakese, SJ, curé de la paroisse Saint-Guy de Djuma. La présence du Père Provincial, Rigobert Kyungu, SJ, ainsi que celle de Madame l’Ambassadrice d’Espagne, habituée des célébrations au Servico, a conféré à l’assemblée une tonalité à la fois institutionnelle et ouverte. À partir des textes liturgiques du jour (Isaïe 8, 23b – 9, 3 ; 1 Corinthiens 1, 10-13.17 ; Mt 4, 12-23), l’homélie a tracé une ligne claire : le Christ comme lumière qui dissipe les ténèbres, l’Église comme espace de communion, et la mission comme urgence. Une mission qui appelle à dépasser les divisions, à renouer avec la joie de l’Évangile et à l’annoncer. Être disciple, a rappelé le Père Mbambi, ce n’est pas d’abord appartenir à une structure, mais consentir à être envoyé, à devenir, chacun à sa manière, « pêcheur d’hommes ». Au terme de la célébration eucharistique, les responsables des différents groupes – M. Séverin Makila pour la Famille du Sacré-Cœur, M. Eliezer Kisalu pour le MEJ et le Père Ruben Tongotani, SJ pour le Réseau MAGIS – ont brièvement présenté leurs mouvements, non comme des entités juxtaposées, mais comme des chemins complémentaires au sein d’une même famille spirituelle. Ils apparaissent ainsi comme autant de manières concrètes de vivre une même intuition ignatienne, adaptée aux âges, aux vocations et aux états de vie. Derrière la pluralité des expressions, une même dynamique se dégage : former des personnes libres, capables de discernement, engagées dans le service et animées par la recherche du magis, ce « davantage » qui pousse à aimer et à servir avec plus de profondeur. Le Réseau Mondial de Prière du Pape (RMPP), héritier de l’Apostolat de la Prière, est un mouvement mondial dont la vocation est de mobiliser les croyants pour porter, par la prière et l’action, les défis de l’humanité et de la mission de l’Église. Ancré dans la spiritualité du Cœur de Jésus, il inscrit la prière dans une dynamique de compassion active pour le monde. Le Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ), branche juvénile du Réseau, constitue un véritable lieu d’initiation spirituelle pour les enfants et les jeunes (5 à 25 ans). Par une pédagogie progressive, centrée sur l’Eucharistie, la relecture de vie et l’engagement concret, il forme des consciences capables d’articuler foi, responsabilité et présence au monde. Le Réseau MAGIS, quant à lui, incarne l’élan propre de la jeunesse ignatienne. Destiné aux jeunes adultes (18-35 ans), il propose retraites, expériences communautaires et engagements solidaires comme lieux de discernement et de maturation intérieure. Fidèle à l’intuition ignatienne du magis, il invite à choisir ce qui conduit à plus de vie, plus de service et plus d’amour, dans une Église appelée à sortir d’elle-même. Enfin, la Famille du Sacré-Cœur (FSC) promeut la dévotion au Sacré-Cœur en offrant un espace de spiritualité et d’engagement pour des laïcs désireux d’unifier vie quotidienne, foi chrétienne et mission, dans la contemplation de l’amour et de la miséricorde divine qui rayonnent du Cœur de Jésus. La cérémonie d’échange de vœux a prolongé cet élan de communion dans un registre plus fraternel. Le partage des cadeaux, le repas commun, les moments de détente et quelques pas de danse ont donné une tonalité profondément humaine à la rencontre : une communion vécue, joyeuse et incarnée, où la foi se dit aussi dans la relation et la proximité. Plus qu’un événement ponctuel, cette rencontre a révélé un mouvement en marche : celui d’une famille ignatienne consciente de son identité plurielle, ouverte à la collaboration et résolument tournée vers la mission.