Dans le cadre de leur mission éducative, l’Institut Technique et Professionnel de Kikwit (ITPK) et le Collège Sadisana ont organisé mardi 26 janvier 2026 une conférence consacrée à la protection des mineurs et des adultes vulnérables en milieu éducatif. Animée par le Père Augustin Kalubi, SJ, délégué du Père Provincial pour l’éducation, cette rencontre s’inscrit dans la mise en œuvre de la politique de sauvegarde et de protection de la Province jésuite d’Afrique Centrale (ACE), visant à prévenir, détecter et traiter toute forme d’abus ou d’exploitation dans ses établissements scolaires.
L’initiative répond à une conviction forte : garantir un environnement éducatif sain, sûr et respectueux de la dignité humaine n’est pas une option, mais une responsabilité partagée qui engage l’ensemble de la communauté éducative.



Une politique provinciale au service de la dignité humaine
Présente en Angola et en République Démocratique du Congo, la Province d’Afrique Centrale de la Compagnie de Jésus s’est dotée d’une politique spécifique de protection des enfants et des adultes vulnérables dans ses institutions. Sont concernés non seulement les mineurs, mais aussi toute personne dont la capacité à se défendre ou à s’exprimer est fragilisée en raison de l’âge, d’un handicap, d’une dépendance ou d’une situation de précarité sociale ou professionnelle.
Cette politique s’appuie à la fois sur les cadres juridiques nationaux et internationaux et sur les valeurs éducatives et spirituelles de la tradition jésuite, pour laquelle le respect de la personne et la promotion de la justice constituent des piliers fondamentaux.
Créer un climat de confiance et de sécurité
Au cœur de son intervention, le Père Kalubi a rappelé avec insistance que tout établissement scolaire doit être un sanctuaire de la dignité humaine: un lieu de confiance, de respect et de sécurité. À ce titre, les membres du personnel éducatif et toute personne impliquée dans l’encadrement des élèves et des adultes vulnérables sont appelés à adopter des attitudes claires et responsables.
Il s’agit notamment de traiter chacun avec respect et dignité, de favoriser un climat d’écoute et de dialogue permettant aux personnes fragiles d’exprimer leurs difficultés, d’exclure tout comportement violent, discriminatoire ou dégradant, ainsi que toute forme d’abus verbal, physique, sexuel ou d’autorité. Une vigilance particulière est également demandée quant aux situations d’isolement injustifié, aux échanges ambigus ou à l’utilisation des outils de communication, afin de maintenir une séparation nette entre vie professionnelle et vie personnelle.
Des mécanismes clairs de prévention et de signalement
La conférence a également précisé les dispositifs concrets mis en place par l’ACE. Chaque établissement est tenu de désigner un Chargé de la Protection de l’Élève et de la Personne Adulte vulnérable (CPEA). Cette personne de référence est chargée de recevoir les signalements, de conduire des enquêtes préliminaires dans la confidentialité, de proposer des mesures conservatoires de protection, d’orienter les victimes vers un accompagnement approprié et de discerner les situations relevant d’une médiation éducative de celles devant être transmises aux autorités judiciaires compétentes.
Par ailleurs, tout nouveau membre de la communauté éducative est tenu de suivre une session d’accueil et d’initiation au protocole de protection, de signer une déclaration d’engagement et de fournir des références attestant de son aptitude à travailler auprès de mineurs ou de personnes adultes vulnérables.


Une responsabilité partagée
Au terme de la rencontre, l’intervenant a rappelé que la protection des mineurs et des adultes vulnérables ne se réduit ni à une exigence administrative ni à une contrainte juridique. Elle constitue une mission éducative, éthique et profondément humaine, qui engage enseignants, personnel administratif, élèves et familles.
C’est par la collaboration, la vigilance et l’appropriation concrète des outils mis en place que les établissements scolaires peuvent demeurer des espaces sûrs, épanouissants et exempts de toute forme d’abus. En s’inscrivant résolument dans cette dynamique, l’Institut Technique et Professionnel de Kikwit et le Collège Sadisana réaffirment leur volonté d’offrir à tous un cadre éducatif fondé sur le respect, la protection et la dignité de la personne.
Hussein Mosiko, SJ
