À l’occasion de la XXXe Journée de la Vie Consacrée, le Dicastère pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique a adressé une lettre aux consacrés et consacrées du monde entier, intitulée Prophétie de la présence : Vie consacrée, là où la dignité est blessée et la foi mise à l’épreuve. Publiée le 28 janvier 2026, la lettre a été signée par les trois premiers responsables du Dicastère : la préfète, Sœur Simona Brambilla, M.C., le pro-préfet, le cardinal Ángel Fernández Artime, S.D.B., et la secrétaire, Sœur Tiziana Merletti, S.F.P. Ce message fort vient confirmer la vie consacrée non pas d’abord par ce qu’elle fait, mais par ce qu’elle est : une présence fidèle et humble au cœur d’un monde marqué par la violence, les injustices, de nouvelles formes de solitude et d’indifférence, les exclusions et la fragilisation de l’espérance. Pour le Père José Minaku Lukoli, SJ président de la Conférence Jésuite d’Afrique et de Madagascar (JCAM), à rebours d’une lecture purement fonctionnelle ou utilitariste — qui s’interroge sans cesse sur la « pertinence » de la vie consacrée aujourd’hui — la lettre du Dicastère rappelle que le monde attend avant tout des personnes consacrées « une présence vivante, prophétique », capable d’offrir une lueur d’espoir dans des contextes « marqués par les ténèbres ». La lettre évoque avec réalisme les contextes dans lesquels vivent de nombreux consacrés : « les conflits, l’instabilité sociale et politique, la pauvreté, la marginalisation, les migrations forcées, les minorités religieuses, la violence et des tensions qui mettent à l’épreuve la dignité des personnes, leur liberté et parfois même leur foi ». C’est précisément dans ces lieux de fragilité que la vie consacrée révèle sa dimension prophétique comme « présence qui demeure » : présence aux côtés des peuples et des individus blessés, présence discrète mais tenace, signe que Dieu n’abandonne pas son peuple. Cette « présence qui demeure » n’est ni immobilisme ni résignation. Elle est une espérance active, qui se traduit par des gestes concrets de paix, de dialogue, de patience et de solidarité, mais aussi par le courage de dénoncer ce qui nie la dignité humaine et la justice. Dans cette perspective, elle devient « une parole prophétique pour toute l’Église et pour le monde ». Le Dicastère souligne également la richesse des différentes formes de vie consacrée – apostolique, contemplative, séculière, érémitique, ordre des vierges – comme autant d’expressions complémentaires d’une même prophétie : « demeurer avec amour, sans abandon, sans silence, en faisant de sa vie la Parole pour ce temps et pour cette histoire ». S’inscrivant dans l’enseignement du Pape Léon XIV, la lettre rappelle enfin que cette prophétie de la présence favorise le témoignage d’une paix qui n’est pas utopie abstraite, mais « cheminement exigeant et quotidien qui requiert écoute, dialogue, patience, conversion du cœur et de l’esprit, et rejet de la logique de l’oppression des plus forts ». Une paix qui naît « de la rencontre, de la responsabilité partagée, de la capacité d’écouter et de cheminer ensemble en harmonie, de l’amour de tous ». En demeurant proches des souffrances humaines sans céder à la logique du conflit, les personnes consacrées deviennent, souvent dans l’ombre, de véritables artisanes de paix. Dans un monde traversé par les ténèbres, ce message est une invitation claire : la vie consacrée n’est pas d’abord à justifier, mais à habiter, comme une lueur d’espérance, une semence de paix et une prophétie de la présence de Dieu aujourd’hui. Christian Kombe, SJ 👇🏽Le texte intégral de la lettre est disponible sur le site du Dicastère. Prophétie de la présence: Vie consacrée: là où la dignité est blessée et la foi mise à l’épreuve (Français) Profecia da presença: vida consagrada onde a dignidade é ferida e a fé é provada (Portugais)
Rencontre ignatienne (RMPP-MEJ – MAGIS – FSC) : une même spiritualité, des chemins complémentaires
Trois mouvements ignatiens se sont retrouvés le dimanche 25 janvier 2026 à la communauté Saint Pierre Claver (Servico), à Kinshasa, pour une journée d’échange de vœux placée sous le signe de la communion et de la mission. Organisée à l’initiative du Bureau national du Réseau Mondial de Prière du Pape – Mouvement Eucharistique des Jeunes (RMPP–MEJ), la rencontre a rassemblé les membres de ce réseau, rejoints par ceux du Réseau MAGIS et de la Famille du Sacré-Cœur (FSC). La journée s’est ouverte par une célébration eucharistique présidée par le Père Gilbert Mbambi, SJ, Directeur national du RMPP–MEJ en RDC. Cette Eucharistie, réunissant enfants, jeunes et adultes, a donné d’emblée le ton de la rencontre. Autour de l’autel se sont croisés des parcours, des âges et des vocations divers, unifiés par une même source : la spiritualité de saint Ignace de Loyola. Ainsi s’est donnée à voir une véritable famille spirituelle en marche, dans sa diversité, sa vitalité et son orientation résolument missionnaire. La célébration a été concélébrée par les Pères Anicet Nteba, SJ, supérieur de la communauté hôte, et Joseph Diakese, SJ, curé de la paroisse Saint-Guy de Djuma. La présence du Père Provincial, Rigobert Kyungu, SJ, ainsi que celle de Madame l’Ambassadrice d’Espagne, habituée des célébrations au Servico, a conféré à l’assemblée une tonalité à la fois institutionnelle et ouverte. À partir des textes liturgiques du jour (Isaïe 8, 23b – 9, 3 ; 1 Corinthiens 1, 10-13.17 ; Mt 4, 12-23), l’homélie a tracé une ligne claire : le Christ comme lumière qui dissipe les ténèbres, l’Église comme espace de communion, et la mission comme urgence. Une mission qui appelle à dépasser les divisions, à renouer avec la joie de l’Évangile et à l’annoncer. Être disciple, a rappelé le Père Mbambi, ce n’est pas d’abord appartenir à une structure, mais consentir à être envoyé, à devenir, chacun à sa manière, « pêcheur d’hommes ». Au terme de la célébration eucharistique, les responsables des différents groupes – M. Séverin Makila pour la Famille du Sacré-Cœur, M. Eliezer Kisalu pour le MEJ et le Père Ruben Tongotani, SJ pour le Réseau MAGIS – ont brièvement présenté leurs mouvements, non comme des entités juxtaposées, mais comme des chemins complémentaires au sein d’une même famille spirituelle. Ils apparaissent ainsi comme autant de manières concrètes de vivre une même intuition ignatienne, adaptée aux âges, aux vocations et aux états de vie. Derrière la pluralité des expressions, une même dynamique se dégage : former des personnes libres, capables de discernement, engagées dans le service et animées par la recherche du magis, ce « davantage » qui pousse à aimer et à servir avec plus de profondeur. Le Réseau Mondial de Prière du Pape (RMPP), héritier de l’Apostolat de la Prière, est un mouvement mondial dont la vocation est de mobiliser les croyants pour porter, par la prière et l’action, les défis de l’humanité et de la mission de l’Église. Ancré dans la spiritualité du Cœur de Jésus, il inscrit la prière dans une dynamique de compassion active pour le monde. Le Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ), branche juvénile du Réseau, constitue un véritable lieu d’initiation spirituelle pour les enfants et les jeunes (5 à 25 ans). Par une pédagogie progressive, centrée sur l’Eucharistie, la relecture de vie et l’engagement concret, il forme des consciences capables d’articuler foi, responsabilité et présence au monde. Le Réseau MAGIS, quant à lui, incarne l’élan propre de la jeunesse ignatienne. Destiné aux jeunes adultes (18-35 ans), il propose retraites, expériences communautaires et engagements solidaires comme lieux de discernement et de maturation intérieure. Fidèle à l’intuition ignatienne du magis, il invite à choisir ce qui conduit à plus de vie, plus de service et plus d’amour, dans une Église appelée à sortir d’elle-même. Enfin, la Famille du Sacré-Cœur (FSC) promeut la dévotion au Sacré-Cœur en offrant un espace de spiritualité et d’engagement pour des laïcs désireux d’unifier vie quotidienne, foi chrétienne et mission, dans la contemplation de l’amour et de la miséricorde divine qui rayonnent du Cœur de Jésus. La cérémonie d’échange de vœux a prolongé cet élan de communion dans un registre plus fraternel. Le partage des cadeaux, le repas commun, les moments de détente et quelques pas de danse ont donné une tonalité profondément humaine à la rencontre : une communion vécue, joyeuse et incarnée, où la foi se dit aussi dans la relation et la proximité. Plus qu’un événement ponctuel, cette rencontre a révélé un mouvement en marche : celui d’une famille ignatienne consciente de son identité plurielle, ouverte à la collaboration et résolument tournée vers la mission.
Comprendre les icônes : une fenêtre vers le divin dans l’Église orthodoxe
« Père, qu’ils soient un, comme nous sommes un » (Jn 17, 21). Cette prière de Jésus, prononcée dans son ultime discours avant la Passion, demeure au cœur de toute démarche œcuménique. Elle inspire tout particulièrement la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, célébrée chaque année du 18 au 25 janvier. Instituée au début du XXᵉ siècle, notamment sous l’impulsion de l’abbé Paul Couturier, cette initiative invite les chrétiens de différentes confessions à reconnaître l’urgence de l’unité visible de l’Église dans la fidélité au Christ. C’est dans cet esprit que la communauté Saint Pierre Canisius (Kinshasa) a organisé, le samedi 24 janvier 2026 en soirée, une conférence sur le thème : « L’usage des icônes dans l’Église orthodoxe ». La rencontre était modérée par le Père Gibert Mbambi, SJ, spirituel de la communauté, avec comme intervenants le Père André Nsaka et le Professeur Kambale Mandola. Le premier, baptisé Nicéphore, est prêtre orthodoxe célibataire. Tonsuré moine en 2019, il a été ordonné prêtre en 2020. Licencié en mathématiques et en théologie, il est actuellement doctorant en théologie à l’Université de Thessalonique. Le Professeur Mandola, lui, est un laïc orthodoxe, docteur en théologie de la même université, professeur et membre du Conseil orthodoxe de Bruxelles. Marié, il est père de deux enfants. La conférence a rassemblé plusieurs congrégations religieuses du plateau de Kimwenza, témoignant de l’intérêt suscité par la thématique et de l’ouverture au dialogue interecclésial. Une Église enracinée dans l’Écriture et la Tradition La conférence s’est articulée autour de deux temps forts. Dans un premier temps, le Professeur Mandola a présenté l’histoire de l’Église orthodoxe en deux grandes périodes : de 313 à 1054, époque de l’Église indivise, puis de 1054 à nos jours, marquée par le schisme entre l’Eglise d’Orient et celle d’Occident. Il a rappelé que la foi orthodoxe repose sur deux sources indissociables : les Saintes Écritures et la Tradition. Cette Tradition vivante comprend les conciles œcuméniques, la liturgie, les écrits des Pères de l’Église et la vie spirituelle du peuple de Dieu. Il a ensuite abordé la question des sacrements, précisant que l’Église orthodoxe en reconnaît traditionnellement sept : le baptême, la chrismation (équivalent de la confirmation), l’eucharistie, la pénitence, le mariage, l’ordination et l’onction des malades. Loin d’être de simples rites, ces sacrements sont des actes par lesquels Dieu communique sa grâce et sanctifie l’homme. Enfin, il a présenté la structure hiérarchique de l’Église orthodoxe, organisée en trois degrés : l’évêque, garant de l’unité et de la foi apostolique ; le prêtre, chargé de la célébration des sacrements et de l’accompagnement pastoral ; et le diacre, au service de la liturgie et de la charité. Chaque ministère est conçu comme un service du peuple de Dieu, dans une logique de communion plutôt que de domination. Les icônes : entre image et mystère Dans la seconde partie, le Père André Nsaka a développé la vision orthodoxe des icônes. Il a rappelé que le Décalogue interdit l’idolâtrie, tout en soulignant la distinction fondamentale entre idolâtrie et usage des images. L’idolâtrie consiste à absolutiser une représentation au point qu’elle remplace Dieu, tandis que l’icône, dans la tradition orthodoxe, est une « fenêtre ouverte sur le divin », un moyen de conduire le croyant vers Dieu. Pour illustrer cette distinction, il a évoqué Exode 25, 18, où Dieu demande à Moïse de fabriquer le serpent d’airain afin que quiconque le regarde soit guéri. L’image devient ainsi un instrument de salut, et non un objet d’adoration. Les icônes, a-t-il expliqué, « nous font penser à Dieu, élèvent nos âmes et nous mettent en relation avec le Créateur ». Leur valeur dépend donc de l’usage qui en est fait : elles sont des supports de prière, de contemplation et de catéchèse. Un dialogue vivant et fécond La rencontre s’est poursuivie par une séance de questions-réponses portant sur plusieurs thèmes sensibles et actuels : le célibat des prêtres orthodoxes, la distinction entre prêtres mariés et célibataires, la place de la Vierge Marie dans la vie de l’Église, la vie après la mort, la signification du signe de croix ou encore la synodalité. La qualité et la pertinence des échanges ont permis d’éclaircir de nombreux points théologiques et pastoraux, révélant un réel désir de compréhension mutuelle et de dialogue sincère. La soirée s’est achevée dans le recueillement, par la récitation commune du Notre Père. Marcher ensemble vers l’unité Plus qu’un simple exposé théologique, cette rencontre a constitué un signe concret de communion, une réponse, modeste mais réelle, à la prière de Jésus : « Père, qu’ils soient un ». Elle a rappelé que l’œcuménisme n’est ni une dilution des identités ni une uniformisation forcée, mais un chemin de vérité, de charité et d’humilité. Comme le souligne le Pape Léon XIV, il ne s’agit pas « d’un œcuménisme de retour à l’état antérieur aux divisions, ni une reconnaissance mutuelle du statu quo actuel de la diversité des Églises et des communautés ecclésiales, mais plutôt un œcuménisme tourné vers l’avenir, de réconciliation sur la voie du dialogue, d’échange de nos dons et de nos patrimoines spirituels. Le rétablissement de l’unité entre les chrétiens ne nous appauvrit pas, au contraire, il nous enrichit. » (Lettre apostolique In Unitate Fidei, 11). À travers le dialogue, la prière et la connaissance réciproque, les Églises sont appelées à marcher ensemble vers l’unité voulue par le Christ. Iwos’o J. P. Bouckaert, SJ
Une école du cœur, pour une vie-mission : entretien avec le Père Stanislas Kambashi, SJ
À l’issue de son Troisième An vécu à Cape Coast, au Ghana (22 juin – 5 décembre 2025), le Père Stanislas Kambashi Mbeshi revient sur cette étape décisive de sa formation jésuite. Entre retour aux sources ignatiennes, approfondissement de l’« école du cœur » et relecture de l’identité du compagnon de Jésus comme vie-mission, il évoque comment ce temps de probation ultime a affiné sa liberté intérieure, renouvelé son désir de servir et préparé son retour à la mission avec une disponibilité plus large et plus enracinée.Entré dans la Compagnie de Jésus le 21 septembre 2008 et ordonné prêtre le 10 juillet 2021, le Père Kambashi est actuellement supérieur de la communauté San Pietro Canisio à Rome. En une phrase, comment décririez-vous ce que le Troisième An à Cape Coast a été pour vous, à ce moment de votre cheminement dans la Compagnie de Jésus ? Le troisième An a été pour moi un moment d’apprentissage et d’approfondissement, de retour aux racines de la Compagnie, à la source de l’inspiration qui a guidé Ignace et les premiers compagnons ; aux textes qui en témoignent et à ceux qui ont été écrits au long des siècles, et qui nous parlent et orientent les modii vivendi et procedendi de la Compagnie de Jésus. Saint Ignace parle du Troisième An comme d’une « école du cœur ». Qu’est-ce que cette expression a pris comme sens concret pour vous durant ces six mois ?Qu’est-ce que cette école vous a appris ou rappelé d’essentiel dans votre relation au Seigneur et à la Compagnie ? Les paroles du Christ : « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » peuvent nous aider à comprendre pourquoi parler du Troisième An comme d’une « école du cœur », dans le sens où cette période de formation prépare le cœur à entrer totalement dans la Compagnie de Jésus, avec tout ce que je suis, avec tout mon moi, avec tout ce que je suis et tout ce que j’ai. C’est le don total. L’expression latine utilisée pour « école du cœur » est « schola affectus », et renvoie à la manière dont je suis affecté ou je me laisse affecter par les choses, à la manière dont je vis, je comprends les choses et la signification que je leur donne. Ce temps est alors une opportunité pour grandir dans l’humilité, l’abnégation et la connaissance du Christ, tout en faisant voir les choses sous une lumière nouvelle. C’est donc un moment où l’on apprend à aimer davantage, à grandir dans l’amour de Dieu et pour la Compagnie. Dans ce sens, je peux témoigner qu’il y a un plus qui s’est ajouté dans ma vie comme personne et comme jésuite. Il est vrai que plus on va en profondeur, plus on découvre la grandeur de l’œuvre qui a commencé et continue avec le doigt de Dieu, et plus on se sent porté à y poursuivre son cheminement et à s’y engager davantage et définitivement. L’un des sens que cette expression a eu pour moi est celui « d’avoir les mêmes sentiments que le Christ », comme dit saint Paul dans sa Lettre aux Philippiens ; ou, en m’inscrivant dans la même ligne que le père Pedro Arrupe, que mon cœur puisse battre comme celui du Christ afin d’aimer comme lui. Il s’agit de laisser mon regard sur la réalité et sur le monde être transformé par celui du Christ, afin de mieux travailler au salut des âmes. En entrant dans la Compagnie de Jésus, vous avez effectué les Exercices spirituels durant le noviciat. Comment avez-vous vécu pour une seconde fois le mois des Exercices spirituels à ce moment précis de votre vie et de votre mission ? Même si on fait les Exercices Spirituels chaque année ou souvent, à chaque fois qu’on le fait, c’est comme si c’était la première fois, par la manière dont l’Esprit vous guide et par la manière dont on se laisse conduire par l’accompagnateur. Cette deuxième grande retraite a été pour moi une expérience spirituelle intense, qui m’a donné un nouveau départ. Le Troisième An est aussi une ultime probation. En quoi ce temps a-t-il confirmé, purifié ou approfondi votre désir de servir le Seigneur dans la Compagnie de Jésus ? Y a-t-il une grâce, une expérience ou une parole que vous emportez de ces six mois et qui éclaire déjà votre retour à la mission ? L’un des aspects sur lequel a insisté le Troisième An est l’identité du jésuite. Le premier décret de nos congrégations générales porte sur la question de savoir : « Qui sommes-nous aujourd’hui ». Chaque époque apporte une réponse discernée en fonction des situations socio-ecclésiales dans lesquelles les jésuites vivent et œuvrent, mais en partant toujours de ce fondement : être compagnon de Jésus. Il s’agit alors, d’abord, d’ « être » avant de « faire ». Et le compagnon de Jésus étant toujours envoyé en mission, cette identité implique toujours et déjà la mission, au point qu’il convient de parler de notre « vie-mission ». L’être jésuite est toujours lié à sa mission, avec tout ce que cela implique. Je pense que c’est l’une des expressions-clés que j’emporte et qui éclaire mon retour en mission. Le Troisième An s’est déroulé au Ghana, à Cape Coast, un lieu chargé d’histoire humaine et spirituelle. En quoi ce contexte africain a-t-il influencé votre cheminement intérieur ? Il est vrai que le lieu où s’est déroulé mon Troisième An est chargé d’histoire humaine et spirituelle. Le Ghana est le pays de Kwame Nkrumah, grand panafricaniste au vrai sens du terme ; on y trouve le peuple Ashanti, dont le royaume n’avait jamais été colonisé. Marqués par un héritage spirituel profond, exprimé notamment à travers les Adinkra Symbols, les ghanéens sont un peuple accueillant, respectueux et pacifique. Cape Coast est la première capitale du Ghana. Une personnalité comme Koffi Hannan y a fait une partie de ses études. A quelques kilomètres de cette ville, sur l’océan Atlantique, se trouve le Château d’Elmina, d’où partaient de nombreux hommes et femmes réduits en esclavage vers l’Occident. Des dizaines des milliers d’Africains y ont subi des traitements
Kisantu: jubilé de 60 ans de vie religieuse du Frère Paul Nianda Dila, SJ
Les jésuites de Kisantu, en République démocratique du Congo, ont célébré le samedi 10 janvier 2026 le jubilé de 60 ans de vie religieuse du frère Paul Nianda Dila, SJ. Né le 12 juillet 1941, le Frère Paul Nianda Dila est entré dans la Compagnie de Jésus le 7 septembre 1965, au noviciat Saint Jean de Brito de Djuma. Il a prononcé ses derniers vœux le 4 février 1979. Aujourd’hui âgé de 84 ans, il totalise six décennies de vie religieuse marquées par une fidélité constante à son engagement et un service discret au sein de la Compagnie. La célébration s’est tenue au sein de la communauté du Collège Kubama. Une messe d’action de grâce a été célébrée à 11h00 par le père Crispin Mbala, SJ, curé de la paroisse Sainte Trinité de Nkandu et supérieur de la communauté, entouré de plusieurs concélébrants. La liturgie a permis de rendre grâce pour le chemin parcouru par le frère Paul et pour sa contribution à la vie et à la mission de la communauté. À l’issue de la célébration eucharistique, le Frère Paul a pris la parole pour exprimer sa reconnaissance à Dieu, à la Compagnie de Jésus, ainsi qu’à ses compagnons, aux membres de sa famille et aux fidèles présents. La participation nombreuse des invités a témoigné de l’attachement et de l’estime dont le jésuite octogénaire bénéficie au sein de la communauté locale. Le jubilé du frère Paul Nianda Dila a été l’occasion de rendre grâce pour un parcours religieux caractérisé par la fidélité, la discrétion et la constance dans le service, mais aussi de rappeler la place essentielle des Frères jésuites dans la mission de la Compagnie de Jésus. Comme l’a souligné le Père général Arturo Sosa, citant la 34e Congrégation Générale, «les Frères jésuites participent à l’action apostolique et missionnaire de la Compagnie, en garantissant la spécificité du mode de procéder jésuite et son efficacité apostolique ; la mobilité qu’exige un universalisme apostolique, la multiplicité des tâches pastorales et, spécialement, la nécessité d’être aidé pour réaliser la mission amenèrent Ignace à recevoir dans le corps de la Compagnie une diversité de membres, prêtres et frères, qui partagent la même vocation et contribuent à mener à bien cette mission unique» (CG 34, d. 7, n. 3). Le Père Sosa invitait ainsi à reconnaitre la richesse et la profondeur du témoignage apostolique que rendent les Frères jésuites «au sein de la communauté religieuse, de l’Eglise et dans la diversité des contextes sociaux où la Compagnie de Jésus réalise son travail apostolique. (…) Ils nous rappellent non pas tant la fonction qu’ils exercent, mais la profondeur de la consécration, du don joyeux et amoureux qu’ils font d’eux-mêmes au Seigneur» (Lettre du Père général Arturo Sosa, 31 octobre 2017). Le parcours du Frère Paul Nianda Dila s’inscrit pleinement dans cette tradition: une vie donnée sans bruit, mais avec une charité constante, au service de la mission et de la communauté. Par Christian Kombe, SJ et Michel Gwogwo, SJ
La dernière route d’un missionnaire de brousse: Hommage au père Jef De Pril, SJ
Le vendredi 2 janvier 2026, le père Jozef De Pril, SJ, affectueusement appelé Jef, s’est éteint à l’hôpital Gasthuisberg de Louvain. L’annonce officielle de son décès a été faite le lendemain par le supérieur régional des Jésuites aux Pays-Bas et en Flandre, le père Marc Desmet, SJ.Âgé de 82 ans, le Père De Pril appartenait à la communauté jésuite de Heverlee et à la Province d’Afrique centrale, à laquelle il a consacré plus de cinquante années de sa vie missionnaire, essentiellement en République démocratique du Congo. La messe d’adieu a été célébrée le samedi 10 janvier à Heverlee-Louvain, avant les obsèques au cimetière De Jacht. Avec lui disparaît une figure discrète mais marquante de la présence missionnaire jésuite belge en terre congolaise. D’Ophasselt à la brousse congolaise: un itinéraire missionnaire Né le 10 avril 1943 à Ophasselt, en Belgique, Jozef De Pril entre dans la Compagnie de Jésus le 7 septembre 1962 à Drongen. Après des études de philosophie à Eegenhoven et Namur, puis de théologie à Eegenhoven, il est ordonné prêtre en 1973. Dès 1974, il est envoyé au Congo. Après une période d’apprentissage linguistique, il assume divers services pastoraux avant de revenir en Belgique en 1977 pour des études supérieures. En 1979, après ses derniers vœux, il repart au Congo, appelé alors Zaïre. À partir de là, son nom se confond avec un apostolat et un style de vie : celui du missionnaire itinérant, parcourant villages et pistes de terre dans les provinces du Kwango et du Kwilu : Mawanga, Kikombo et surtout Djuma, où il vivra près de quarante ans et partagera sa mission notamment avec le père Guy Brichard. Jusqu’à un âge avancé, le Père De Pril sillonne la brousse, administrant les sacrements, formant les catéchistes, soutenant les communautés chrétiennes isolées. En octobre 2025, affaibli par la maladie, il regagne la Belgique pour des soins. «Un homme de la route et de la poussière» Pour le Père John Allary Munganga, qui a été son compagnon de mission à Djuma, Jef De Pril fut avant tout «un homme de la route et de la poussière, un pasteur qui a choisi de marcher avec son peuple», partageant la vie des oubliés dans un style profondément évangélique: «aller à la rencontre, écouter, demeurer». Le Père De Pril «a marché sur les routes poussiéreuses et marécageuses du Kwango et du Kwilu pour servir ses frères et sœurs», administrant les sacrements, accompagnant les malades, réconciliant les familles. Il incarnait une présence humble et fidèle, au point d’être appelé «mundele-ndombe», un “Blanc devenu Noir”. Sa vie, souligne le Père Munganga, fut une longue itinérance spirituelle, désormais accomplie dans le repos de Dieu. Un compagnon solide et polyvalent Le Père Séverin Mukoko, qui a aussi vécu avec lui à Djuma à partir de 2013, dresse le portrait d’un homme à la fois rigoureux, joyeux et extraordinairement polyvalent.Missionnaire, mécanicien, archiviste, électricien, conseiller pastoral: Jef savait tout faire, et surtout se rendre disponible. Il rappelle le rituel immuable des départs en itinérance, la préparation minutieuse du véhicule, les caisses de registres, les outils, les objets liturgiques, autant de signes d’une mission vécue dans la durée. Grâce à lui, souligne-t-il, les registres paroissiaux de Sain Guy Djuma sont parmi les rares à être tenus sans interruption depuis 1919. «Il s’est donné lui-même pour les autres et il a su offrir tout ce que le Seigneur lui a fait comme dons, voir son propre sang qu’il donnait, avec le conseil de ses médecins, chaque deux mois à la banque du sang de l’Hôpital Général de Référence de Djuma», témoigne le Père Mukoko. Un pèlerin infatigable Erick Lenga, qui l’a connu comme stagiaire et régent, se souvient d’un homme qui ne se présentait jamais comme un chef, mais comme un pèlerin. Pour le Père De Pril, la mission n’était pas d’abord affaire de structures, mais de présence: partager les repas, écouter longuement, accompagner spirituellement, discerner avec. Sa fidélité à la tradition ignatienne se manifestait dans une vie rythmée par la prière, l’examen de conscience et l’Eucharistie. Convaincu que Dieu était déjà à l’œuvre dans les villages avant son arrivée, il se voyait comme un humble accompagnateur de cette présence divine. «Il est retourné vers Dieu qu’il nous a appris à aimer», dira simplement un villageois après son décès. L’un des derniers «broussards» héroïques Avec le départ du Père Jef De Pril, c’est une page de l’histoire missionnaire qui est en train de se tourner. Il était l’un des derniers survivants de cette génération de broussards héroïques, qui ont choisi de s’enraciner durablement dans les terres congolaises, loin des centres, au plus près des populations rurales. Sa vie aura laissé le témoignage d’une fidélité silencieuse à l’annonce du Christ auprès des communautés rurales du Congo profond. Par Christian Kombe, SJ
Vocation missionnaire et ouverture à l’universel: entretien avec le P. Claudien Bagayamukwe, SJ
De Bukavu à Tokyo et Hiroshima, puis à Lyon, Claudien Bagayamukwe chemine dans une vocation profondément marquée par l’universel. Jésuite congolais appliqué à la province du Japon, il revient dans cet entretien sur son itinéraire spirituel et intellectuel, son expérience missionnaire en Asie, sa passion pour l’écriture et la manière dont il porte, loin de son pays, l’espérance d’un Congo meurtri par la guerre. Propos recueillis par Christian Kombe, SJ Père Claudien Bagayamukwe, votre cheminement dans la Compagnie de Jésus vous a conduit de la RD Congo au Japon, puis à la France. Si vous deviez raconter votre itinéraire en partant de ce qui vous a mis en route, par où commenceriez-vous? Si je devais remonter à la source de ce long déplacement, je commencerais sans hésiter par les collines de ma ville natale, Bukavu. Mais avant même les couloirs du Collège Alfajiri, il y a un terreau plus intime: celui de ma famille. J’ai grandi auprès de mon grand-père maternel, qui a joué un rôle décisif dans mon cheminement. C’est auprès de lui que j’ai appris, très concrètement, le chemin de l’Église: la fidélité à la prière, la participation à la vie paroissiale, et le sens d’une foi vécue au quotidien, avec simplicité et profondeur. C’est ensuite au Collège Alfajiri que cet enracinement a trouvé une forme plus explicite. Adolescent, j’y ai été profondément marqué par la figure du jésuite telle qu’elle se donnait à voir au quotidien: des enseignants exigeants et passionnés, mais aussi des prêtres engagés à la paroisse, des acteurs engagés dans le champ social et des accompagnateurs spirituels. Cette manière intégrale d’être au monde et à Dieu a éveillé en moi un désir. C’est elle qui a allumé l’étincelle et m’a conduit, à l’issue de mes études secondaires, à demander à entrer dans la Compagnie de Jésus. Mon enracinement s’est d’abord fait en terre congolaise, à travers les années fondatrices du noviciat à Kisantu (2012-2014), puis de la philosophie à Kimwenza (2014-2017). Mais la vocation jésuite porte en elle une ouverture constitutive à l’universel. C’est cet appel qui m’a conduit vers l’Asie, au Japon, où j’ai vécu une véritable expérience de décentrement: l’apprentissage de la langue à Tokyo (2017-2019), une régence marquante à Hiroshima (2019-2021), puis la théologie à l’Université Sophia (2021-2023). Aujourd’hui, ce même chemin m’a conduit en France, à Lyon, pour approfondir la théologie biblique et la philosophie. De Bukavu à Lyon, en passant par Tokyo et Hiroshima, c’est finalement le même désir de servir, de comprendre et de me laisser déplacer qui continue de me tenir en route. À quel moment avez-vous compris que votre désir de servir Dieu et l’Église prenait la forme d’un appel à la Compagnie de Jésus, et qu’est-ce qui vous a aidé à l’assumer dans la durée? Ce désir ne s’est pas imposé à moi comme une évidence immédiate, mais s’est progressivement clarifié à travers un chemin de discernement. Plus qu’un attrait pour une œuvre ou un style de vie, j’ai peu à peu reconnu un appel à une manière particulière de servir: une vie apostolique qui conjugue profondeur spirituelle, rigueur intellectuelle et disponibilité au monde tel qu’il est. La Compagnie de Jésus m’est apparue comme un lieu où cette tension féconde pouvait être vécue et assumée. Ce qui m’a aidé à inscrire cet appel dans la durée, c’est l’apprentissage patient du discernement ignatien, qui invite à relire sa vie à la lumière de l’Esprit et à faire confiance aux médiations concrètes de l’Église. Les déplacements, les changements de langue et de culture, loin d’éroder cette conviction, l’ont progressivement purifiée. Ils m’ont appris que la fidélité n’est pas d’abord la répétition de ce qui rassure, mais une disponibilité renouvelée à être envoyé. Dans les moments de fatigue ou d’incertitude, ce qui m’a soutenu a été la conviction que chaque étape, même lorsqu’elle est exigeante ou semble inachevée, s’inscrit dans une histoire plus vaste que la mienne. Servir Dieu et l’Église, dans la Compagnie de Jésus, c’est accepter de ne pas tout maîtriser, mais de se laisser conduire, pas à pas, vers un accomplissement qui dépasse mes propres projets. Comme vous l’avez décrit, votre formation vous a fait traverser des contextes très différents. Entré dans la Compagnie de Jésus en RD Congo, vous êtes actuellement appliqué à la province du Japon. Quelle est la genèse de cette vocation missionnaire? Était-ce un appel qui est né d’un désir ancré en vous ou bien vous l’avez accueilli de vos supérieurs par obéissance? Pour un jésuite, la mission ne se revendique pas, elle s’accueille comme un don qui nous précède. La genèse de mon départ pour le Japon est le fruit d’un discernement partagé avec mon Supérieur Provincial de l’époque, le Père José Minaku. J’ai reçu son appel non comme une contrainte, mais comme une invitation à une liberté plus grande: celle de me laisser déplacer au-delà de mes propres frontières. Son soutien discret et confiant a été le viatique nécessaire pour que ce départ ne soit pas un saut dans le vide, mais un véritable acte de foi. Par la suite, les encouragements de son successeur, le Père Rigobert Kyungu, ont également été pour moi précieux. Ils ont confirmé ce chemin dans la paix et la continuité, me permettant d’avancer avec confiance et gratitude. Aujourd’hui, avec le recul, je goûte à une joie féconde: celle de découvrir que l’obéissance m’a ouvert des horizons inespérés et me permet de goûter pleinement à l’essence même de la vocation missionnaire de la Compagnie de Jésus. Vivre et se former au Japon suppose un fort déplacement culturel et spirituel. Qu’est-ce que cette expérience missionnaire a transformé en vous, dans votre manière de croire, de prier ou de servir? Ce déplacement a été pour moi une véritable école de dépouillement et d’humilité. Arriver au Japon, c’est consentir à redevenir apprenant: balbutier une langue, décoder des gestes, écouter longuement avant de pouvoir parler. Cette expérience m’a profondément déplacé dans ma manière de servir. J’y ai compris que la mission ne consiste pas d’abord à agir
Accueillir l’Emmanuel aujourd’hui : le triduum de Noël vécu par les scolastiques jésuites
Dans le silence recueilli des chapelles, au rythme de la Parole méditée et de la prière partagée, les scolastiques de la Province jésuite d’Afrique Centrale (ACE) ont vécu, une fois encore, le temps fort du triduum de Noël. Fidèle à une tradition bien enracinée dans la Compagnie de Jésus, en particulier dans les maisons de formation, ce temps de retraite spirituelle de trois jours précédant la fête de la Nativité vise à préparer intérieurement les cœurs à accueillir la venue du Christ, Dieu qui se fait proche, humble et vulnérable, pour rejoindre l’humanité dans ses fragilités. Dans les diverses maisons de formation en RDC, comme dans les maisons internationales, les scolastiques ont vécu ce triduum comme un véritable temps de grâce, de recentrement et de renouvellement intérieur, scellé pour certains par la rénovation de leurs vœux de religion. Kimwenza : “Disposer nos cœurs à accueillir l’Emmanuel” Au scolasticat Saint Pierre Canisius, à Kimwenza (Kinshasa), le triduum de Noël s’est déroulé dans un climat de profonde ferveur spirituelle. Prêché par le Père Luka Lusala, ce temps de retraite a conduit les scolastiques à une méditation autour de quatre axes fondamentaux : le souvenir, la disponibilité, la miséricorde et la donation. Pour Baluti Bernard, étudiant en master de philosophie à l’Université Loyola du Congo (ULC), ces enseignements riches et bien structurés ont aidés les retraitants à entrer dans la profondeur du mystère de Noël, disposant les cœurs à accueillir l’Emmanuel. La veillée de la Nativité, célébrée avec les religieux et les fidèles du plateau de Kimwenza, a constitué l’aboutissement de ce cheminement spirituel. «Moment particulièrement fort, la rénovation des vœux des scolastiques a marqué cette célébration comme un acte d’engagement renouvelé, mais aussi une action de grâce pour l’appel reçu», confie-t-il. Kinkole : “La liberté intérieure au service de la mission” De l’autre bout de la ville province de Kinshasa, vingt-cinq jeunes jésuites en régence et aux études spéciales ont vécu leur triduum de Noël au centre spirituel des Pères Passionnistes à Maluku, du 21 au 25 décembre 2025. Animé par le Père Janvier Asifiwe, ce temps de retraite était articulé autour du thème: «La liberté intérieure comme fondement de la disponibilité pour la mission». «Ce temps de grâce nous a permis de nous ressourcer, de renouveler notre oui et d’écouter l’hôte intérieur», témoigne Landry Kuma Kuma, étudiant en communication à l’Université Catholique du Congo (UCC). «Les textes médités nous ont révélé que la liberté est un don de Dieu: elle nous aide à nous vaincre nous-mêmes, à ordonner notre vie et à nous mettre au service des autres ». La méditation de la lettre De la distraction à la consécration du Père Adolfo Nicolás, ancien Supérieur général de la Compagnie, a suscité un examen de conscience personnel: «identifier nos distractions, recentrer nos vies et répondre délibérément à l’appel du Christ, modèle par excellence de liberté intérieure au service de l’Église et de l’humanité», ajoute-t-il. Lubumbashi: “Espérer dans un monde blessé” À Lubumbashi, la communauté Kwetu-Kwenu a abrité, du 21 décembre au matin du 25 décembre, les scolastiques en régence et aux études spéciales dans la ville minière, pour leur triduum de Noël. Animée par le Père Benoît Mbuyi, délégué du Provincial pour la formation, la retraite était centrée sur le mystère de l’Incarnation, avec une attention particulière portée aux figures de Joseph, Marie et de l’Enfant Jésus. Dans un contexte mondial marqué par les guerres, les violences et les ténèbres de l’injustice, ce triduum a été une invitation à s’ancrer dans l’espérance chrétienne, souligne Christian Losambe, étudiant en psychologie à l’Université de Lubumbashi (UNILU). «Le Seigneur qui vient partager notre condition humaine est la source d’une espérance capable de libérer et de combler les cœurs. Accueillir ce projet de Dieu avec foi, humilité et générosité demeure un appel pressant pour les jeunes jésuites en formation», confie-t-il. Nairobi: “Passer d’un optimisme superficiel à une espérance vécue” Au théologat de Hekima College, à Nairobi, le triduum s’est déroulé du soir du 20 décembre au mardi 23 décembre 2025, autour du thème du Jubilé de l’espérance, animé par les Pères Norbert Litoing et Anthony Egan. « J’ai compris qu’il y a une grande différence entre un optimisme superficiel et une véritable espérance », partage Eric Lenga, étudiant en théologie. «Le triduum m’a aidé à reconnaître la présence du Christ dans les petits moments de ma vie quotidienne, comme mes études ou la vie communautaire». En identifiant ses peurs et les difficultés du monde, il ajoute: «j’ai senti l’appel à unir la prière et l’action, pour devenir, à travers de simples gestes, un messager de paix et de l’amour de Dieu». Abidjan : “Un parcours exigeant vers une croissance spirituelle” À l’Institut de Théologie de la Compagnie de Jésus (ITCJ), le triduum, sous la direction du Père Augustin Atsikin, s’est déroulé comme un temps fort de relecture intérieure et de discernement personnel. Pendant trois jours, les participants ont été invités à revisiter leur année, à identifier les sources de consolation et de désolation ayant marqué leur expérience spirituelle, et à approfondir leur engagement envers Dieu et la mission. Cette démarche de discernement, explique Jean Ruiz Moole, étudiant en théologie, «peut être comparée à l’ascension du mont Kilimandjaro : un parcours exigeant, ponctué de passages abrupts mais aussi de panoramas d’une beauté saisissante, invitant à contempler le mystère divin». L’objectif fondamental était «de disposer mon cœur et mon esprit à accueillir l’année 2026 dans une dynamique de croissance spirituelle, et de favoriser une intégration plus consciente des valeurs christiques d’autotranscendance pour servir plus fécondement notre Seigneur Jésus-Christ». Rome: “Raviver un engagement qui ne doit pas s’émousser” À Rome, les scolastiques du Collegio Internazionale del Gesù, rejoints par ceux de la communauté San Pietro Canisio, ont vécu leur triduum du 19 au 21 décembre 2025 au Centre international de spiritualité du Sacré-Cœur de Jésus, à Rocca di Papa. Ce temps de recueillement préparait à la fois Noël et la renovation des vœux. Guidés par le Père Federico Lombardi, les scolastiques ont été touchés par l’évocation de
COLLÈGE ALFAJIRI : RENCONTRE SPORTIVE AVEC LES ÉLÈVES DU COMPLEXE SCOLAIRE LAPEREAUX
Dans la volonté d’offrir aux collégiens et collégiennes une formation intégrale favorisant le développement intégral de la personne, le responsable des activités parascolaires et culturelles, en collaboration avec le responsable des sports, a pris l’initiative d’organiser des rencontres sportives opposant les élèves du collège Alfajiri à ceux du Complexe Scolaire Lapereaux. Au-delà de l’aspect sportif, cette rencontre s’inscrivait dans la perspective de permettre aux deux écoles de vivre une expérience d’apprentissage et de fraternité, marquée par le partage, le respect mutuel et un esprit de fair-play exemplaire. L’après-midi de ce samedi 29 novembre 2025, le collège Alfajiri a signé deux victoires convaincantes face au Complexe Scolaire Lapereaux, s’imposant sur les deux terrains (football et basketball) au terme d’une rencontre intense et parfaitement maîtrisée. Dès les premières minutes au terrain de basketball, le Complexe Scolaire Lapereaux a offert une prestation admirable, marquée par un esprit de compétition permettant ainsi à son équipe de mener face au collège Alfajiri de deux points (30-28) au deuxième quart temps. Cependant, encouragé par un public enflammé et confiant, le collège Alfajiri a largement repris son ascendance avec un jeu très tactique. Charley Radjabu, auteur de 18 points a brillé par sa régularité et son sang-froid, tandis qu’Anthony Mugisho (17points) a guidé le collectif avec précision et sens du rythme. Au dernier coup du buzzer, la victoire était sans appel. Alfajiri s’est largement démarqué aux moments décisifs, soldant ainsi cette rencontre par une victoire de 67 contre 49. Pendant ce temps, au terrain de football, la victoire était une évidence. Le Complexe Scolaire Lapereaux a fait face à une équipe rayonnante et largement supérieure jusqu’à la dernière minute de jeu. Elie Murhula, incontestablement meilleur joueur sur le terrain a inscrit deux magnifiques buts. A son instar, les élèves Prince Ngaza (2 buts), Chérubin Cirimwami, Pascal Mulume ou encore Maliyamungu Jean-Marc ont contribué à cette victoire écrasante de 8 contre 3 pour le collège sous les acclamations d’une foule en liesse. Au-delà des scores, cette rencontre met en lumière deux formations animées par la même envie : se dépasser, progresser et défendre les couleurs de leurs écoles avec fierté. Une belle leçon de discipline, de respect et de passion sportive. Albert KASONGO MWEMA, SJ. Responsable des activités parascolaires et culturelles.
Luanda: 15 anos da Paróquia Beata Anuarite Nengapeta
A Paróquia Beata Anuarite Nengapeta celebrou no domingo, 30 de novembro de 2025 (primeiro domingo do Advento), os seus quinze anos de existência. Uma etapa marcada por uma liturgia solene, uma profunda ação de graças e pela participação fervorosa das numerosas comunidades que compõem esta jovem e dinâmica paróquia. Para a comunidade paroquial, são quinze anos de fé vivida, partilhada e fortalecida no seio de uma família eclesial em constante crescimento. Este momento forte, marcado pelo sinal da esperança e da conversão próprios do Advento, reuniu fiéis provenientes de todos os centros e comunidades que formam a grande família paroquial, fazendo desta celebração um momento de graça e de unidade. Renovando a fé e fortalecendo a comunidade O lema escolhido para este jubileu expressa plenamente o espírito da caminhada: “Renovando a fé e fortalecendo a comunidade”. Para se preparar para a celebração, a paróquia ofereceu um período de preparação espiritual através da novena pedindo a intercessão da Beata Anuarite. A missa solene que marcou o ponto alto da festa foi presidida pelo padre Basílio Nuno, SJ, pároco, e concelebrada pelos padres Michel Ntangu, SJ, Bertrand Bansimba, SJ, Walter Cassamano, SJ, e o Bispo Auxiliar Emérito de Luanda Dom Anastácio Cahango. Por meio da liturgia, a assembleia agradeceu pelo caminho percorrido desde 2010, animada pela memória luminosa da Beata Maria Clementina Anuarite Nengapeta, cuja festa é celebrada em 1º de dezembro. Seu testemunho de coragem, fidelidade e pureza permanece como fonte de inspiração espiritual que ilumina a missão paroquial. Em sua homilia, o padre Nuno convidou os paroquianos a não se deixarem absorver pela rotina do dia a dia nem pelo fluxo monótono da vida ordinária, mas a permanecerem vigilantes. O Advento é um tempo favorável para renovar nossas forças, fazer florescer a alegria em nossos corações e semear a paz em nosso interior e, assim, também em nossa comunidade. “Aprendamos a transformar armas de guerra em instrumentos agrícolas para que possamos alimentar aqueles duramente atingidos pela fome nas nossas sociedades”, declarou o pároco, citando o quarto versículo da primeira leitura (Is 2,4): “Ele será juiz no meio das nações e árbitro de povos sem número. Converterão as espadas em relhas de arado e as lanças em foices”. Ademais, enfatizou que esses quinze anos de existência da paróquia -ainda em construção – representam um momento de júbilo e de discernimento: é imprescindível evitar a acomodação às rotinas e o descuido dos êxitos já obtidos. Quinze anos de história, missão e comunhão Desde a sua fundação, a Paróquia Beata Anuarite foi-se construindo como uma verdadeira família espiritual, chamada a irradiar luz, força e esperança para o povo de Deus do bairro Simione de Camama. Assim a descreve a Irmã Sandra, missionária brasileira que foi testemunha do seu nascimento e que, embora tenha regressado ao seu país natal, continua espiritualmente ligada a esta chama de esperança e caridade. Não como um edifício isolado, mas como uma constelação de centros e comunidades, cada um constituindo uma chama viva, um pequeno santuário onde Deus consola, guia, educa e transforma os corações. Por ocasião deste aniversário, todos os centros e comunidades foram recordados com gratidão, sublinhando a riqueza e a diversidade desta paróquia-mãe: do Centro Santa Teresa do Menino Jesus, centro sede, ao Centro de São João Piamarta, passando pelas comunidades Santa Mónica, Santo António de Categéro, Santa Bakhita, Nossa Senhora Aparecida, São José do Sossego, Santa Isabel de Portugal, São Martinho de Lima, Sagrada Família do Kididi, bem como os centros Nossa Senhora de Fátima, Santo Inácio de Loyola, Imaculada Conceição de Maria e Santíssimo Nome de Jesus. Uma menção especial foi dedicada ao antigo Centro São Vicente de Paulo, hoje paróquia Santa Efigénia, verdadeiro pilar histórico dos primeiros passos pastorais. A comunidade paroquial também teve a honra de acolher Dom Anastácio Kahango, bispo auxiliar emérito da arquidiocese de Luanda, um dos protagonistas da criação da paróquia. Com uma voz marcada pela sabedoria, reacendeu nos corações e nas mentes dos fiéis a odisseia da paróquia, recordando os desafios superados, as esperanças despertadas e a perseverança daqueles que, desde o início, edificaram esta comunidade de fé. Rumo a um futuro ainda mais missionário Ao longo de quinze anos, esta paróquia revelou-se um espaço onde o Evangelho se torna vida. Através das suas comunidades, conseguiu criar um tecido fraterno sólido, tornando-se um lar de consolação, um lugar de escuta, de educação e de serviço. O legado da Beata Anuarite permanece vivo: um apelo à dignidade humana, à coerência de vida, à coragem de amar e servir sem concessões. No final desta celebração de ação de graças, um sentimento de reconhecimento e confiança enchia o coração da comunidade. Os quinze anos da Paróquia Beata Anuarite Nengapeta não são apenas uma memória, mas sim um marco que já abre um futuro. Um futuro que os fiéis desejam mais fecundo, mais missionário e enraizado na unidade e na luz do Evangelho. Que a Beata Anuarite continue a interceder por esta paróquia que leva o seu nome e testemunho, para que os anos vindouros sejam cheios de graça, paz e fecundidade apostólica.