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23/10/2017
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La 34ème Congrégation Générale a appelé les jésuites « Serviteurs de la Mission du Christ » et leur a rappelé cette vocation. Pourriez-vous expliciter cela en termes d'universalité de la vocation jésuite ?

 

  1. À cet égard, on constate une évolution dans la pensée de l'Eglise, qui influe sur notre mission. Pendant longtemps, les diverses congrégations religieuses, et nous aussi, ont pensé qu'elles avaient chacune une mission en propre dans l’Eglise. Nous, les jésuites, dans la 34èmeCongrégation Générale, avons formulé notre mission comme faisant partie de la mission du Christ dont nous nous considérons les serviteurs. Dans un passé très récent, l'Église en est venu à sentir que, si la source de tout bien est Dieu le Père, il est aussi la source de la Mission. Le pape Benoît XVI a souvent utilisé l'expression : « Missio Dei », pour exprimer cette prise de conscience. De plus, elle fait écho à la manière dont Saint Ignace parle dans la méditation de l'Incarnation. C'est Dieu le Père qui dit : « Faisons la rédemption du genre humain »...

 

Les dimensions de notre mission ne dépendent pas de notre nombre. Même si nous avions dix fois plus de jésuites que nous n'en avons maintenant, notre mission serait plus grande que ce que nous pouvons en rêver. La question ultime est ce que Dieu veut faire avec l'humanité et pour son bien. La Compagnie n'a jamais considéré l'histoire et la réalité comme séparées de notre mission. Si actuellement nous avons tant de laïcs désireux de travailler pour les autres et tant d'intérêt pour la spiritualité ignatienne, nous devons prendre cela comme des signes que l'ère nouvelle, et Dieu à travers elle, nous invitent à travailler différemment.

En d'autres termes, nous ne pouvons pas continuer à penser que notre travail est « nôtre », ou que nous menons « notre » mission limitée, mais nous devons penser que nous sommes seulement une minime partie de la mission de Dieu dans l'Eglise.

 

Parfois « nos » ministères (écoles, etc.) ne sont plus vraiment encore « les nôtres », en ce sens que nous ne sommes plus dans les postes de direction. Que dites-vous aux jésuites qui peuvent avoir peur de ces changements ?

 

  1. En fait, ces ministères n'ont jamais été « les nôtres », mais ils font partie d'une entreprise plus grande. Si l'histoire et la réalité sont les moyens par lesquels Dieu nous dit que nous devons changer et faire preuve de souplesse pour répondre aux nouveaux défis, peut-être qu'il nous oriente vers de nouvelles façons d'être ses ministres. Peut-être qu'il nous oblige à revoir notre rôle au sein des institutions, peut-être qu'il nous invite à redécouvrir la Compagnie et à faire de nos trésors ignatiens un patrimoine à offrir aux prêtres et laïcs, à tous ceux qui veulent partager la vision et la mission d'Ignace.

 

Alors que nous avons commencé à transmettre notre charisme à des dirigeants laïcs, qu'en est-il de la génération suivante ? Autrement dit, qu'en est-il la prochaine génération de leaders laïcs qui n'auront pu connaître aucun jésuite ? Est-ce que cela requiert un plan différent ?

 

  1. Cela a été une préoccupation pour de nombreux jésuites impliqués sérieusement dans la collaboration avec les laïcs. L'expérience nous enseigne qu'il n'est pas difficile de trouver un laïc excellent, professionnel et hautement motivé pour diriger une institution. La question est plutôt celle de l'avenir. Qui prendra sa relève ? Quelles garanties pouvons-nous avoir que l'identité catholique et l'esprit ignatien de l'institution demeurent pendant au moins deux ou trois générations ? Dans la vieille province de Loyola, les jésuites ont pensé que pour une part la solution était de créer desCommunautés Apostoliques, qui peuvent porter plus avant l'identité et l'esprit de l'Institution. Ceci, naturellement, impliquait la mise en place d'un plan de formation, d'une formation intensive aux valeurs et à la pédagogie ignatiennes. La participation aux sessions était libre, comme on doit s'y attendre, mais elles ont été suivies par près de 80%.

 

Quelles sont les nouvelles frontières en termes de « Mission et Coopération » ?

 

  1. Si, concernant le ministère, les frontières sont définies par les catégories de « où » ?, « pour qui ? » et « pour quoi faire ? » les frontières seront décidées par les plus grands besoins apostoliques et par tous les critères ignatiens que nous avons en matière de choix pour l'apostolat. Nous rencontrons aussi quelques défis dans la dynamique de la coopération, et ce sera un bon test pour notre esprit et notre engagement évangéliques. (SDI 21 mars 2016)

 

 

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